L’Italie fait pression pour que les Gardiens de la révolution iranienne soient qualifiés de groupe terroriste
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré lundi 26 janvier qu’il proposerait officiellement cette semaine à Bruxelles d’ajouter les Gardiens de la révolution iranienne à la liste des organisations terroristes de l’UE.
Cette décision marque un revirement de la position de l’Italie, Rome ayant jusqu’à présent, aux côtés de la France et de l’Espagne, fait partie des pays qui bloquaient l’inscription de l’organisation sur cette liste, selon deux diplomates européens.
« En Iran, les pertes subies par la population civile lors des manifestations [en cours] imposent une réponse claire », a écrit Antonio Tajani sur X, appelant à la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste ainsi qu’à des sanctions individuelles visant les responsables de la répression.
Le revirement de l’Italie pourrait changer le résultat initialement attendu lorsque les ministres des Affaires étrangères se réuniront ce jeudi 29 janvier.
« Cela ajoute une masse critique à ceux qui poussent dans ce sens », a expliqué un diplomate européen à Euractiv, tout en « augmentant la pression » sur les sceptiques restants. Les sanctions nécessitant un accord unanime, peu de capitales sont disposées à se retrouver isolées dans le camp opposé.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient se prononcer sur un nouveau train de sanctions qui inscrirait 21 personnes sur la liste des sanctions du bloc en matière de droits de l’Homme et dix entreprises impliquées dans la fabrication de drones.
Dans sa forme actuelle, ce train de sanctions n’inclut pas l’inscription du Corps des Gardiens de la révolution iranienne, malgré la pression croissante de plusieurs États membres pour cibler cette force forte de 200 000 hommes, accusée de jouer un rôle central dans la répression des manifestations.
Eddy Wax a contribué à la rédaction de cet article.