L’Italie envisage des mesures pour protéger le patrimoine culturel des activistes climatiques
Un projet de loi, proposé par la Lega (Identité et Démocratie) et introduisant un nouveau type d’infraction pénale pour les personnes qui vandalisent le patrimoine culturel, est en cours d’examen au Sénat italien.
Un projet de loi, proposé par le parti d’extrême droite la Lega (Identité et Démocratie) et introduisant un nouveau type d’infraction pénale pour les personnes qui vandalisent le patrimoine culturel, est en cours d’examen au Sénat italien.
Cette proposition de loi vise à réprimer les militants écologistes qui ont vandalisé des œuvres d’art ou des bâtiments culturels au cours des dernières années dans le but d’attirer l’attention sur la gravité de la crise climatique.
« À la lumière des évènements qui se sont produits récemment, il est important que le gouvernement fasse preuve d’une certaine sévérité face à ce type de comportement », a déclaré l’avocate et sénatrice de la Lega, Giulia Bongiorno, rapporte le quotidien Domani.
Le sénateur de la Lega Claudio Borghi a présenté le projet de loi en novembre 2022. Son examen au Sénat italien a débuté mardi dernier (4 avril), avec Giulia Bongiorno en tant que rapporteure pour la commission de la Justice, et devra maintenant être examiné et approuvé par les deux chambres du parlement.
La proposition prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 1 500 euros et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an pour les personnes qui endommagent des biens culturels ou des vitrines et autres structures dédiées à l’exposition, à la protection et à la préservation d’objets culturels.
Le deuxième article de la proposition de loi introduit la possibilité d’arrêter les personnes prises en flagrant délit de vandalisme de biens culturels.
Il est nécessaire de « renforcer davantage la protection de la conservation du patrimoine culturel, en anticipant le seuil de sanction » afin de « répondre à un choix délibéré de comportement criminel », selon la proposition.
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Les militants écologistes dans le collimateur
En janvier 2023, des militants pour le climat du groupe « Last Generation » ont appliqué de la peinture lavable sur la base de l’œuvre d’art « Love » de Maurizio Cattelan devant le bâtiment de la Bourse de Milan, appelant les banques italiennes à cesser de financer les combustibles fossiles.
En janvier également, des militants du même mouvement ont été arrêtés par la police après avoir jeté de la peinture lavable sur le bâtiment du Palazzo Madama, siège du Sénat italien à Rome. En février, la même chose s’est produite à Florence, au Palazzo Pegaso, siège du conseil régional de Toscane.
Les défenseurs de l’environnement estiment que ces actions sont nécessaires pour attirer l’attention des décideurs politiques sur la question climatique.
« Cette peinture ne sera plus là demain, mais les mains de notre classe politique resteront tachées de sang si elles continuent à financer les combustibles fossiles avec des subventions publiques dans les années à venir », a déclaré Simone Ficicchia, l’un des militants ayant participé à l’action du Palazzo Pegaso à Florence, selon l’agence de presse Adnkronos.
Nombreux sont ceux qui considèrent cette nouvelle proposition de loi comme une énième limitation du droit de manifester et une tentative d’étouffer les voix dissidentes.
« Depuis un certain temps, plusieurs quartiers généraux de la police ont pris des mesures contre les activistes climatiques qui limitent les droits garantis par la constitution, comme ceux de la résidence et de la libre circulation », a confié Giuseppe Onufrio, directeur de Greenpeace Italie, à EURACTIV.
« Alors que la Première ministre Giorgia Meloni définit la vague de sécheresse en Italie comme un “phénomène cyclique” — avec un exercice évident de négationnisme climatique — la proposition de la Lega veut réprimer ceux qui, avec des actes qui ne sont en aucun cas dangereux, soulèvent la question de la crise climatique », a ajouté M. Onufrio.
Malgré les protestations des défenseurs du climat et des organisations écologistes, le gouvernement italien réitère sa promesse d’introduire des mesures plus strictes pour protéger le patrimoine culturel contre les dommages.
« Ceux qui vandalisent notre patrimoine culturel ne peuvent pas s’en tirer à bon compte et doivent être sévèrement punis », a déclaré Gennaro Sangiuliano, ministre italien de la Culture dans le gouvernement Meloni, après qu’un groupe d’activistes a versé du charbon de bois dans la fontaine de la Piazza di Spagna à Rome, rapporte le quotidien Domani.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]