Le Green Brief : l’intérêt pour l’hydrogène vert se tarit, vive le captage du carbone

L’intérêt des décideurs politiques et de l’industrie pour l’hydrogène vert a diminué ces derniers mois. Malgré son rôle clé dans la stratégie européenne de décarbonation, l’hydrogène issu des énergies renouvelables a révélé ses limites et son incapacité à se développer aussi rapidement qu’espéré.

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Malgré son rôle clé dans la stratégie européenne de décarbonation, l’hydrogène issu des énergies renouvelables a révélé ses limites et son incapacité à se développer aussi rapidement qu’espéré. Dès lors, l’intérêt s’est tari pour ce vecteur énergétique ces derniers mois. Les projets se sont donc heurtés à un manque de clients, à une insuffisance d’énergie renouvelable, à des retards dans la chaîne d’approvisionnement et à des problèmes de financement.

In fine, l’Agence internationale de l’énergie a réduit de moitié ses projections pour la production d’hydrogène en Europe en 2028.

Afin d’y remédier, les gouvernements et l’industrie sont désormais à la recherche de solutions alternatives, telles que le captage du carbone, qui est récemment revenu à l’ordre du jour, notamment lorsque la Commission européenne l’a intégré dans le règlement pour une industrie à « zéro émission nette » (Net-Zero Industry act, NZIA, en anglais).

Le captage du carbone et de l’hydrogène vert se recoupent dans certains cas d’utilisation. Mais c’est surtout dans le cas de l’hydrogène bleu (vaporeformage du méthane) que l’industrie est la plus susceptible de faire pression pour que le captage du carbone se substitue.

À Bruxelles, l’hydrogène bleu, produit à l’aide du captage du carbone, est reçu avec scepticisme, pour les raisons similaires aux réticences concernant le captage de carbone. L’hydrogène bleu est moins écologique si une quantité excessive de carbone s’échappe du processus de production ou si des fuites de méthane se produisent en amont.

Les écologistes sont particulièrement critiques à l’égard du caractère « routinier » de l’hydrogène bleu, dans la mesure où sa production permet de poursuivre l’extraction des combustibles fossiles, ce qui risque d’enfermer définitivement le gaz dans l’écosystème industriel européen.

Si l’industrie souhaite que l’hydrogène bleu revienne à l’ordre du jour, elle devra convaincre Bruxelles. La future définition européenne de l’« hydrogène à faible teneur en carbone » sera une priorité.

Cependant, ceux déçus par les difficultés initiales de l’hydrogène vert ne trouveront probablement pas de réconfort dans le captage du carbone.

Les deux technologies sont confrontées aux mêmes problèmes de développement. Comme pour l’hydrogène, le captage du carbone nécessite la création d’un vaste marché commercial, le développement d’infrastructures de transport coûteuses et la réduction des risques liés à la technologie.

Pour l’hydrogène comme pour le captage du carbone, l’Europe a déjà connu des échecs, et le temps presse. Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE) prévoit l’élimination totale des émissions de carbone des secteurs de l’énergie et de l’industrie d’ici 2039… demain, en somme.


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Lactualité en bref

Le Portugal vise la neutralité climatique d’ici 2045. Maria Carvalho, ministre de l’Environnement du centre droit portugais et ancienne membre de la commission de l’énergie et de l’industrie du Parlement européen, a exprimé, lors d’un discours à Lisbonne lundi (27 mai), son désir d’établir un objectif de neutralité carbone pour 2045, avançant de cinq ans les ambitions du pays.

Manifestation pour une transition climatique, naturelle et agricole juste à Bruxelles. Juste avant les élections européennes, le 1er juin, des ONG et mouvements citoyens actifs dans les secteurs du climat, de l’environnement et de l’agroalimentaire se réuniront à la Place de l’Albertine à Bruxelles. Cette manifestation, organisée par Good Food Good Farming (GFGF) et le Réseau Action Climat (RAC) Europe, s’inscrit dans le cadre d’un mouvement plus vaste avec des manifestations prévues du 31 mai au 2 juin dans plus de 100 villes de 12 pays européens.

Malgré l’essor du solaire, les coopératives énergétiques en Pologne rencontrent des difficultés. Bien que la capacité solaire polonaise ait doublé ces trois dernières années, le développement des communautés énergétiques est lent, avec seulement 30 communautés énergétiques en Pologne contre 9 000 dans l’UE. Le rapport de la campagne « Beyond Fossil Fuels » indique que les communautés énergétiques locales sont confrontées à plusieurs défis, notamment l’opposition des entreprises énergétiques nationales établies, un manque de soutien financier, une infrastructure de réseau inadaptée, et un cadre réglementaire incertain.


Agenda

  • 30 MAI. Conseil « Énergie »
  • PRINTEMPS 2024. Première Évaluation européenne des risques climatiques
  • 6-9 JUIN. Élections européennes
  • 17 JUIN. Conseil « Environnement » (Luxembourg)
  • 27-28 JUIN. Conseil européen

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