L'industrie verte française obtient plusieurs milliards d'euros de soutien en une semaine
La semaine dernière, l'industrie française a bénéficié de plusieurs milliards d'euros de financements publics et privés, stimulant ainsi les efforts du pays pour revitaliser et décarboner sa base industrielle.
La semaine dernière, l’industrie française a bénéficié de plusieurs milliards d’euros de financements publics et privés, stimulant ainsi les efforts du pays pour revitaliser et décarboner sa base industrielle.
Comme les années précédentes, l’exécutif français a profité de la grand-messe européenne de la tech organisée chaque année à Paris, Vivatech, pour annoncer les dernières avancées de son programme d’investissement dans la transition verte.
Cette année, l’industrie fut particulièrement à l’honneur. Le ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie, Roland Lescure, a en effet dévoilé 10 projets qui bénéficieront de 42 millions d’euros de subventions publiques. Tous sont liés à la transition écologique, mais quatre concernent directement la décarbonation de l’industrie.
Le projet « Ballons » de l’entreprise My Vosges développera un substitut biosourcé au charbon pour les industries du silicium et de la métallurgie. La société Deltalys, spécialisée dans le biogaz, exploitera l’économie circulaire pour produire de nouveaux filtres pour le biogaz, dans le cadre du projet « Puri-fab ».
Deux projets basés sur l’hydrogène ont également été récompensés. Le premier, « Defhy » d’Energy Observer Development, vise le développement de générateurs d’électricité à pile à combustible hydrogène. Le second, « Gravhity-Fos » de Gravithy, vise la production d’acier à partir d’hydrogène décarboné.
Ces projets entrent dans le cadre du 5e appel à projets « Usine première ». Avec les quatre précédents, 293 millions d’euros ont été alloués in fine à 66 projets. Tous sont ancrés dans le programme plus large « France 2030 », qui vise à déployer 54 milliards d’euros d’aide publics sur cinq ans dans l’innovation, le renouveau industriel et la décarbonation.
Actuellement, l’industrie représente environ 18% des émissions de gaz à effet de serre de la France. Dans le cadre de la décarbonation de l’économie européenne et française, Emmanuel Macron a promulgué une loi dite « industrie verte » en octobre dernier. Elle vise, d’ici 2030, à décarboner l’industrie existante et faciliter l’implantation d’usines de technologies propres, telles que définies dans la règlement européen sur l’industrie « zéro émission nette » (Net-Zero Industry Act, NZIA, en anglais) définitivement adopté lundi (27 mai).
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Des milliards d’aides d’État validés
Dans le même temps, plusieurs programmes de subventions publiques ont été validés par la Commission européenne.
Vendredi (24 mai) la Commission européenne a ainsi approuvé une aide d’État de 4 milliards d’euros du gouvernement français pour soutenir l’électrification des processus et une plus grande efficacité énergétique dans l’industrie.
Mardi (28 mai), l’exécutif européen a également validé 1,4 milliards d’euros d’aide d’Etat en faveur du projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) Hy2Move, le quatrième dans la chaîne de valeur de l’hydrogène.
13 projets recevront une aide en Europe, dont 7 en France.
1,3 milliard d’euros pour les batteries électriques
Dans le cadre de la réindustrialisation de l’UE, la France a également pour objectif de produire 2 millions de voitures électriques et hybrides sur son sol d’ici 2030. Une start-up illustre ce changement : le producteur de batteries électriques Verkor.
La start-up française a obtenu vendredi (24 mai) un prêt de 1,3 milliard d’euros. « Il s’agit d’une mobilisation sans précédent de fonds publics et privés », a déclaré Roland Lescure sur X.
Après avoir levé 2 milliards d’euros en septembre, l’entreprise française pourra désormais construire son usine près de Dunkerque, dans le nord de la France. Elle souhaite y produire 16 gigawattheures de batteries par an (GWh/an) à partir de 2025, soit 200 000 à 300 000 batteries de 50 à 90 kilowattheures par an, a déjà précisé le président du Directoire de l’entreprise, Benoit Lemaignan.
À terme, la capacité de production pourrait atteindre 50 GWh/an, avait-il expliqué.
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[Édité par Donagh Cagney]