L’industrie allemande appelle à une amélioration des relations entre l’UE et la Suisse
Dans une nouvelle prise de position, l’association commerciale allemande BDI a plaidé pour une « solution globale » pour les relations Suisse-UE, qui ont souffert depuis que le gouvernement suisse s’est retiré des négociations pour un accord-cadre en mai 2021.
Dans une nouvelle prise de position, l’association commerciale allemande BDI a plaidé pour une « solution globale » pour les relations Suisse-UE, qui ont souffert depuis que le gouvernement suisse s’est retiré des négociations pour un accord-cadre en mai 2021.
La prise de position a été publiée un jour avant que le ministre suisse des Affaires étrangères et président actuel, Ignazio Cassis, ne se rende à Berlin pour rencontrer le président Frank-Walter Steinmeier, le chancelier Olaf Scholz et la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock jeudi 20 janvier.
« La Suisse reste importante pour l’industrie européenne », a déclaré Joachim Lang, directeur général de la BDI, dans un communiqué, ajoutant qu’il y avait « des perturbations économiques importantes dans le commerce entre l’UE et la Suisse, en particulier pour les produits médicaux et, dans un avenir prévisible, pour les machines ».
« La coopération devrait être guidée par les trois priorités que sont la souveraineté stratégique européenne, le Green Deal et la compétitivité européenne », a-t-il ajouté.
« Compte tenu des tensions géopolitiques, un conflit prolongé avec la Suisse n’est pas nécessaire. »
Des relations difficiles
La Suisse est le quatrième partenaire commercial de l’UE, tandis que l’UE est de loin le premier partenaire commercial du pays alpin, l’Allemagne étant de loin le marché européen le plus important pour les importations et les exportations suisses.
Les relations entre l’UE et la Suisse sont tendues depuis que le gouvernement suisse s’est retiré d’un accord-cadre institutionnel qui visait à mettre en place une gouvernance plus uniforme de certains des accords bilatéraux les plus importants entre les deux partenaires.
En Suisse, les préoccupations relatives à la souveraineté, à la libre circulation des personnes et à la protection des salaires font qu’il est difficile d’accepter une adoption dynamique du droit européen et de l’autorité judiciaire de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
L’UE, quant à elle, insiste pour que le droit communautaire soit appliqué de manière cohérente par tous ceux qui participent au marché unique et que la CJUE soit l’arbitre ultime de son interprétation. L’industrie allemande appelle à une amélioration des relations entre l’UE et la Suisse
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Tout en appelant à une « reprise rapide de discussions constructives » entre l’UE et la Suisse, la BDI a soutenu la position de la Commission européenne sur tous les principaux points de désaccord.
« Un mécanisme contraignant de règlement des différends et l’interprétation uniforme du droit du marché intérieur par la Cour européenne de justice sont impératifs », a déclaré M. Lang.
Coopération en matière de recherche ?
Toutefois, la prise de position de la BDI s’écarte de la position de la Commission en ce qui concerne l’exclusion de la Suisse d’Horizon Europe, le programme de recherche de l’UE.
La Commission bloque actuellement une adhésion complète de la Suisse au programme, arguant que la Suisse devrait d’abord progresser sur les questions institutionnelles soulevées par la Commission avant d’avancer sur l’association à Horizon Europe.
Des pays tiers comme la Turquie, Israël et la Moldavie sont tous associés au programme de recherche de l’UE et bénéficient donc d’un statut plus privilégié que la Suisse à cet égard.
Faisant référence à la force du secteur de la recherche suisse, la prise de position de la BDI a fait valoir que « la Suisse devrait pouvoir participer au même titre que d’autres pays tiers […] indépendamment des relations globales entre l’UE et la Suisse. »
Fragmentation interne
M. Cassis, était à Berlin jeudi pour parler des relations entre la Suisse et l’UE, soulignant que, pour la Suisse, une relation constructive avec l’UE était centrale.
Toutefois, le gouvernement suisse n’a pas encore communiqué de plan sur la manière de procéder dans les relations avec l’UE.
Au niveau national, la politique sur cette question est devenue plus fragmentée. Les chrétiens-démocrates et les libéraux ont récemment lancé l’idée de viser des accords sectoriels plutôt qu’un cadre institutionnel global.
Les sociaux-démocrates, quant à eux, plaident pour un « accord de stabilisation » afin de garantir la participation de la Suisse à des programmes européens tels que Horizon Europe, qui serait ensuite suivi de négociations en vue d’un « partenariat pour l’économie et la coopération ».
Enfin, alors que l’Union démocratique du centre (UDC), parti d’extrême droite, ne veut pas d’une coopération plus étroite avec l’UE, les Verts et l’organisation Operation Libero prévoient de lancer une initiative populaire pour inscrire dans la Constitution suisse une coopération plus étroite avec l’UE.