Libre circulation des travailleurs : l'Italie pose ses conditions à la Roumanie [FR]
L'Italie ouvrira son marché du travail aux travailleurs roumains à condition que Bucarest coopère dans la lutte contre le crime organisé. Les conditions pour les travailleurs bulgares pourraient être différentes.
L’Italie ouvrira son marché du travail aux travailleurs roumains à condition que Bucarest coopère dans la lutte contre le crime organisé. Les conditions pour les travailleurs bulgares pourraient être différentes.
Le ministre italien de l’intérieur, Giuliano Amato, a annoncé son intention de « signer dans les prochaines semaines un accord avec la Roumanie pour intensifier la coopération dans le domaine de la lutte contre le crime organisé. » Il a ajouté : « Il n’y aura aucune restriction à la libre circulation des travailleurs à condition que cet accord fonctionne bien. Le niveau de coopération actuel est insuffisant. » Selon G. Amato, « la même approche ne doit pas nécessairement s’appliquer aux travailleurs bulgares. »
Le vice-premier ministre, Francesco Rutelli, a déclaré que l’Italie était prête à lever les restrictions sur son marché du travail pour les Roumains, « mais uniquement dans le cadre d’un accord européen. » Dans un discours à Bucarest, il a indiqué : « La Roumanie n’est plus un pays où les citoyens doivent émigrer pour des raisons économiques. C’est un pays où le plein emploi existe dans de nombreux domaines. » Il a ajouté : « Il ne s’agit pas tant d’instaurer de nouvelles barrières à la mobilité des travailleurs, mais de trouver une approche coordonnée pour réguler la libre circulation, en coopération avec les autres Etats membres de l’Union européenne. »
A six semaines de l’adhésion de la Roumanie à l’UE, l’Italie compte déjà plus de 200 000 travailleurs roumains sur son territoire. Après cette adhésion, beaucoup d’autres pourraient décider de migrer provisoirement vers l’Italie et l’Espagne. En raison de la proximité en termes de langue et de culture et des restrictions décidées par les autres gouvernements de l’UE à 15, les deux pays sont devenus la principale destination pour les Roumains qui souhaitent trouver un emploi à l’étranger.
En Italie, où le crime organisé sévit plus que jamais dans certaines régions, les Roumains sont liés au trafic de drogues et à la prostitution, notamment dans les régions au nord du pays, où la mafia italienne est moins puissante que dans le sud. G. Amato a souligné cependant que la majorité des Roumains vivant en Italie étaient « des personnes respectables ».