Libéralisation des vignes : la France passe à l’offensive

Avec le soutien de plusieurs alliés européens, le ministre de l’Agriculture a choisi de faire front commun pour peser dans les négociations et revenir sur la libéralisation de la réglementation des vignobles.

EURACTIV.fr
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Avec le soutien de plusieurs alliés européens, le ministre de l’Agriculture a choisi de faire front commun pour peser dans les négociations et revenir sur la libéralisation de la réglementation des vignobles.

L’annonce a été faite à l’issue de la rencontre entre le ministre de l’Agriculture et les professionnels du monde viticole, jeudi 30 août. Stéphane Le Foll a décidé, en coordination avec d’autres capitales comme Madrid, Rome ou Berlin, de lancer une plateforme dont le but sera défendre une position commune, fermement opposée à la libéralisation des droits de plantation.

Pression de la France

En effet, en raison d’une directive de 2008, la réglementation actuelle qui oblige les viticulteurs à demander une autorisation avant de planter de nouvelles vignes, n’existera plus d’ici 2018. Cette procédure permettait jusqu’à présent de s’assurer que les vignobles maitrisent leur production.

Déjà frileuse lors du vote du texte il y a quatre ans, la France cherche maintenant à revenir carrément dessus. Le précédent ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire (UMP), avait réussi à rallier quinze pays à sa position.

Face à la gronde, la Commission européenne avait accepté en janvier 2012 de mettre sur pied un groupe de travail de Haut niveau où sont représentés les États et les organisations professionnelles. Son objectif est de faire un état de la situation et d’élaborer éventuellement de nouvelles pistes. Les conclusions sont attendues pour l’hiver.

Pas envisageable

Mais depuis juillet, le mécontentement monte au sein des professionnels qui estiment être menés en bateau par l’exécutif européen et ses réunions qui n’aboutissent à rien de concret. Ils réclamaient donc une action politique de la part du gouvernement. C’est maintenant chose faite avec la plateforme commune qui comprendra l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.

La fin des droits de plantation « n’est pas une option envisageable pour la France » a affirmé Stéphane Le Foll qui veut « peser sur les décisions communautaires ». Il souhaite qu’une réglementation soit maintenue dans l’ensemble des branches, d’appellation contrôlées ou non, précision qui n’avait encore jamais été apportée par le nouveau gouvernement.

Ce front commun commencera à discuter avec Bruxelles avant la prochaine réunion du groupe de haut niveau, qui est prévue le 21 septembre prochain. L’ensemble des organisations du secteur s’est félicité de la nouvelle.

Les viticulteurs attendent une proposition officielle de la part de la Commission rapidement, sans quoi ils demanderont qu’elle soit incluse par les États membres ou le Parlement dans la réforme de la politique agricole commune qui se négocie actuellement à Bruxelles.

OCM spécifique

Le ministre a aussi profité de la réunion pour réaffirmer qu’il défendra à Bruxelles la spécificité de l’organisation commune de marché (OCM) du secteur du vin et son enveloppe budgétaire et qu’il n’était pas question de la fusionner avec le reste de la Politique agricole commune.