L’extrême droite autrichienne souhaite que l’AfD réintègre le groupe Identité et Démocratie au Parlement européen

Le Parti de la liberté (FPÖ) d’extrême droite est devenu la plus grande force politique en Autriche et fait désormais pression sur sa famille politique européenne, Identité et Démocratie (ID), pour admettre à nouveau dans ses rangs l’Alternative pour l'Allemagne (AfD), exlue du groupe à la suite de scandales.

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This article is part of our special report "Élections européennes 2024 : tour d’horizon des résultats"
Far-right Freedom Party of Austria (FPOe) election night in Vienna
Harald Vilimsky a souligné qu’il rencontrerait Marine Le Pen mercredi afin d’élaborer une stratégie visant à augmenter le nombre d’eurodéputés du groupe ID. [EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA]

Le Parti de la liberté (FPÖ) d’extrême droite est devenu la plus grande force politique en Autriche et fait désormais pression sur sa famille politique européenne, Identité et Démocratie (ID), pour admettre à nouveau dans ses rangs l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), exlue du groupe à la suite de scandales.

Le groupe ID au Parlement européen a exclu de ses rangs l’AfD le mois dernier, alors que le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen et d’autres délégations nationales craignaient de plus en plus que les opinions extrémistes de l’AfD n’aliènent une partie de leur électorat.

Mais le FPÖ autrichien, qui est sur le point de doubler son nombre de sièges au Parlement européen, a d’autres projets.

Harald Vilimsky, qui a mené le FPÖ aux élections, a indiqué qu’il rencontrerait Marine Le Pen mercredi (12 juin) afin d’élaborer une stratégie visant à augmenter le nombre d’eurodéputés du groupe ID, qui devrait actuellement obtenir 58 législateurs, afin d’atteindre un nombre à trois chiffres.

Selon M. Vilimsky, les 16 eurodéputés que l’AfD devrait obtenir constitueraient un bon ajout au groupe.

« En fin de compte, c’est à l’AfD d’expliquer et de décider pour elle-même comment les choses se passeront […] si elle veut faire partie de l’ensemble ou non », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il parlerait « de l’expansion de [son] groupe politique » lors de sa réunion avec Marine Le Pen.

Des responsables politiques de haut rang de l’AfD ont déjà déclaré qu’ils souhaitaient réintégrer le groupe ID.

Après la publication des sondages à la sortie des bureaux de vote en Allemagne, qui ont placé l’AfD en deuxième position avec environ 16 % des voix, le futur chef de la délégation, René Aust, a exprimé l’espoir d’un rapprochement avec d’autres partis d’extrême droite au sein du Parlement européen.

« Nous reprendrons contact demain », a expliqué M. Aust à la chaîne publique allemande ZDF dimanche.

L’AfD a été expulsé de l’ID après que le parti ait été frappé par une série de scandales. En effet, les numéros un et deux de la liste, Maximilian Krah et Petr Bystron, ont été accusés d’avoir reçu de l’argent de la Russie par l’intermédiaire d’un réseau de propagande. Dans le même temps, M. Krah fait l’objet d’une enquête préliminaire pour avoir entretenu des relations étroites avec la Chine.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et entraîné l’expulsion de l’AfD du groupe ID a été l’interview controversée que M. Krah a accordée en mai au quotidien italien La Repubblica, dans laquelle il a déclaré qu’il ne dirait jamais « que quiconque portait un uniforme [de la Schutzstaffel] était automatiquement un criminel ».

Reste à savoir si les deux candidats controversés feront partie de la délégation de l’AfD au Parlement européen.

« Je ne ferai aucun commentaire à ce sujet. C’est à la délégation de décider », a déclaré Alice Weidel, codirigeante de l’AfD.

Résultats des élections en Autriche

Le FPÖ (ID) disposera de 6 des 20 siège attribués au pays au sein de l’hémicycle européen. Il gagne 3 sièges par rapport à 2019.

Il est suivi de près par l’ÖVP (Parti populaire européen, PPE), qui pourra envoyer 5 eurodéputés, et le SPÖ (Socialistes et Démocrates européens, S&D), avec 5 eurodéputés également.

Les Verts (Verts/ALE) perdent un siège par rapport au précédent scrutin européen et disposeront de 2 sièges, tout comme NEOS (Renew).

Le taux de participation à ces élections est moins élevé que l’année dernière, passant de 59,8 % à 54,1 %.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]