L’extrême droite allemande envisage de se séparer de sa tête de liste
Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) envisage des mesures d’apaisement après la décision de son principal partenaire européen, le Rassemblement national (RN), de mettre fin à leur coopération au Parlement européen.
Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) envisage des mesures d’apaisement après la décision de son principal partenaire européen, le Rassemblement national (RN), de mettre fin à leur coopération au Parlement européen.
L’annonce fait suite au commentaire controversé du candidat tête de liste de l’AfD, Maximilian Krah, qui a relativisé la responsabilité des membres de la Schutzstaffel (SS) nazie durant le Troisième Reich.
Dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica, M. Krah a dit : « je ne dirai jamais que quiconque portait un uniforme [de la Schutzstaffel] était automatiquement un criminel », avant d’ajouter que la culpabilité doit être évaluée au cas par cas.
Interrogé sur ce point, son cabinet n’est pas revenu sur ces déclarations, affirmant que même Günter Grass, lauréat allemand du prix Nobel de littérature, faisait aussi partie de la SS à une époque.
Toutefois, suite à ces propos, le soutien pour M. Krah comme tête de liste pour l’AfD s’est affaibli, et la direction du parti se réunit mercredi matin (22 mais) pour discuter des prochaines étapes. Une déclaration à ce sujet est attendue dans la journée.
Selon des sources du parti, le mandat de M. Krah au sein de la délégation de l’AfD est en jeu. Bien que la liste électorale ne puisse plus être modifiée, le parti envisage d’autres solutions, notamment la possibilité de demander à l’eurodéputé de renoncer à son prochain mandat.
Par ailleurs, à la suite d’une série d’affrontements entre les deux partis, le RN a confirmé lundi (20 mai) sa décision de rompre sa coopération avec l’AfD au sein du Parlement européen, d’après le journal Libération, car les derniers commentaires de M. Krah ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le RN de Mme Le Pen.
Le groupe parlementaire d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen est dominé à la fois par l’AfD et le RN. La rupture signifierait la perte de 16 sièges pour le groupe, selon les dernières projections d’Europe Elects.
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Un passé problématique
Dans le passé, M. Krah a entretenu des relations problématiques avec ses collègues français.
Non seulement il a embauché un collègue français qui avait été rejeté par le RN pour antisémitisme, mais il a également soutenu Éric Zemmour, le rival de Marine Le Pen, lors des dernières élections présidentielles, ce qui lui a valu d’être temporairement suspendu de l’ID.
Bien que les récents conflits entre les deux grands partis d’extrême droite en Europe n’aient pas impliqué M. Krah jusqu’à présent, ce dernier fait actuellement l’objet d’une enquête pour corruption, car il est suspecté d’avoir accepté des pots-de-vin russes et chinois.
En outre, un de ses assistants a été arrêté en Allemagne pour avoir prétendument travaillé pour les services de renseignement chinois, en utilisant son accès au Parlement européen.
Malgré les circonstances, la direction de son parti avait décidé de continuer à le soutenir.
« Je suis et resterai la tête de liste », a insisté M. Krah après avoir dû s’expliquer devant les dirigeants du parti.
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Des tentatives de réconciliation infructueuses
Cependant, la pression s’accentue pour l’extrême droite allemande et son favori pour les élections européennes, alors que le parti est sur le point de perdre l’un de ses partenaires les plus influents au sein du Parlement européen.
Les liens étroits avec l’AfD et ses positions de plus en plus extrémistes pourraient compromettre les ambitions présidentielles de Marine Le Pen en France.
Le fossé entre les deux principaux acteurs de l’extrême droite est devenu particulièrement évident après qu’un rapport d’enquête a révélé que les membres de l’AfD soutenaient l’idée de « remigrer » les citoyens allemands issus de l’immigration. Cet incident a poussé Mme Le Pen à remettre en question leur collaboration.
Les diverses tentatives de l’AfD, y compris une réunion secrète entre les dirigeants des deux partis, pour apaiser leur homologue française à cet égard ne sont pas parvenues à empêcher la rupture. En février, plusieurs sources du groupe ID ont confié à Euractiv que la relation entre le RN et l’AfD avait été si gravement endommagée que leur coopération future était très incertaine.
La rupture entre les deux pourrait signifier la fin d’ID, leur groupe parlementaire commun, ou du moins l’adhésion à ce groupe pour l’un des partis, ont ajouté les sources.
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[Édité par Anna Martino]