« L'Europe ne doit pas se replier » : le Medef défend à demi-mot le Mercosur
À l’occasion du grand raout des patrons français, allemand et italien vendredi 22 novembre à Paris, le Medef a du bout des lèvres défendu l’accord entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur, même s'il reconnait que ce dernier est loin d'être plébiscité en France.
À l’occasion du grand raout des patrons français, allemand et italien vendredi 22 novembre à Paris, le Medef a du bout des lèvres défendu l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, même s’il reconnaît que ce dernier est loin d’être plébiscité en France.
Seul face à l’orage, Patrick Martin, le président du Medef, a soutenu à demi-mot l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays d’Amérique latine dits du Mercosur, malgré le refus de la quasi-totalité des responsables politiques français de ratifier le texte en l’état.
Il faut « laisser du temps au temps », quitte à « réviser à la marge un certain nombre de dispositions » de l’accord initial, a souligné le syndicaliste. « Ce qui n’enlève rien à notre conviction, qu’à un moment ou un autre, il faudra avancer parce que le monde doit rester ouvert et que l’Europe elle-même ne doit pas se replier. »
Depuis plusieurs semaines, le Medef marche sur les œufs sur le dossier du Mercosur. L’organisation patronale avait jusqu’à présent refusé de prendre clairement position sur le sujet.
D’un côté, la signature de cet accord pourrait offrir des débouchés intéressants à certains des membres de l’organisation. De l’autre, le syndicat souhaitait jusqu’à présent éviter d’aller à l’encontre d’une très vaste majorité des responsables politiques et agricoles hexagonaux, opposés à cette signature.
Invité du sixième Forum économique trilatéral plus tôt dans la journée, le Premier ministre Michel Barnier a d’ailleurs répété son refus du texte, alors que les équipes de la Commission européenne doivent se rendre la semaine prochaine au Brésil pour la dernière ligne droite des négociations.
Il existe « une singularité française liée à […] certaines filières agricoles », a souligné Patrick Martin, alors que ses homologues allemands du BDI et italiens de la Confindustria sont favorables à une signature rapide de l’accord.
Cette opposition est ancrée « à la fois sur des bases objectives […] et sur une dimension un peu subjective, c’est-à-dire la crainte à travers la signature de ces accords que l’Europe se livre, sans aucune capacité de résistance, au reste du monde ».
Plus largement, Patrick Martin a insisté sur l’importance des accords de libre-échange pour faire face à la Chine et aux États-Unis, deux « énormes clients » qui se replient sur eux-mêmes : « [Il ne faut pas] s’interdire nous-mêmes de commercer avec des zones démocratiques pour la plupart, porteuses sur le plan économique, et qui permettraient d’avoir des débouchés supplémentaires ».