L’Espagne se range du côté de Berlin dans le bras de fer avec Paris sur le projet d’avion de combat du futur
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déclaré que l’accord initial de répartition des tâches entre l’Espagne, l’Allemagne et la France devait être respecté dans le cadre du projet européen d’avion de combat du futur (SCAF), soutenant ainsi Berlin dans son différend à ce sujet avec Paris.
Paris réclame un rôle accru dans le développement de l’avion de combat du projet de système de combat aérien du futur (SCAF, FCAS selon l’acronyme anglais), suscitant des craintes quant à la pérennité du programme.
« L’intérêt de l’Espagne pour ce projet est sincère, total et absolu, mais bien sûr à condition que les conditions convenues au préalable par les trois pays, à savoir l’Allemagne, la France et l’Espagne, soient respectées », a expliqué Pedro Sánchez lors d’une conférence de presse avec le chancelier allemand Friedrich Merz, en visite à Madrid, jeudi 18 septembre.
Le projet porte sur un avion de combat furtif relié à des drones autonomes et à un cloud de combat numérique. Il approche d’une étape importante, la phase de planification touchant à sa fin et le prototype de l’avion de combat étant prévu pour bientôt.
Au cœur des tensions, Dassault Aviation, maître d’œuvre côté français, réclame davantage de poids dans les décisions. Une revendication mal accueillie par l’industrie aérospatiale allemande. Paris et Berlin doivent trouver un compromis d’ici fin 2025.
Jeudi, Friedrich Merz a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer comme ça ». Il a ajouté que les discussions entre les trois parties se poursuivaient.
Madrid et son champion industriel, Indra, sont restés jusqu’à présent en marge du bras de fer franco-allemand.
Alors que le Français Dassault et l’Allemand Airbus développent l’avion de combat et les drones qui l’accompagnent, Indra dirige les travaux sur les capteurs, qui collectent et distribuent des données afin de permettre aux avions et aux drones de fonctionner en réseau.
Pour de nombreux experts, malgré leurs désaccords récurrents, Paris et Berlin n’ont d’autre choix que de maintenir leur partenariat, même si, en théorie, des alternatives existent, comme rejoindre le programme britannique Tempest ou explorer d’autres coopérations internationales.
Inés Fernández-Pontes a contribué à la rédaction de cet article.
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(asg)