L'Espagne présente un nouveau « pacte quantique » européen

La présidence espagnole du Conseil a publié mardi une déclaration commune sur les technologiques quantiques, qui affirme et renforce la volonté de l'UE à rester pionnière sur de tels enjeux.

Euractiv.com
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« Bien que le pacte soit un pas dans la bonne direction, le manque de soutien démontre que l’Europe ne perçoit toujours pas les technologies quantiques comme une priorité stratégique », estime Andrea Rodríguez, spécialiste des enjeux du numérique au sein du think-tank European Policy Centre, lors d'un échange avec Euractiv. [European Union / TTE Council]

La présidence espagnole du Conseil de l’UE a publié mardi (5 décembre) une déclaration commune sur les technologiques quantiques, qui affirme et renforce la volonté de l’UE à rester pionnière sur de tels enjeux.

L’Espagne a présenté mardi sa proposition de pacte quantique de l’UE lors du Conseil « Transports, télécommunications et énergie » (TTE). Des rumeurs faisaient penser que la présentation du rapport ne soit repoussée de plusieurs semaines.

L’initiative vise à faire de l’Europe « la “vallée quantique” au niveau mondial, la région la plus importante en matière d’excellence et d’innovation », souligne la déclaration.

Le pacte quantique est destiné à coordonner toutes les initiatives liées à aux technologies sur le continent, tant au niveau européen que national ou régional.

« Les technologies quantiques joueront un rôle stratégique pour la compétitivité scientifique et industrielle européenne », a publié le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, sur X jeudi (7 décembre).

À ce jour, 11 États membres ont approuvé ce nouveau pacte : la France, la Belgique, la Croatie, la Grèce, la Finlande, la Slovaquie, la Slovénie, la République tchèque, Malte, l’Estonie et l’Espagne. Toutefois, des pays leaders en matière de technologie quantique, en premier chef l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark, ont décidé de ne pas se joindre à l’initiative, arguant qu’elle avait été mise sur pied beaucoup trop rapidement.

« Bien que le pacte soit un pas dans la bonne direction, le manque de soutien démontre que l’Europe ne perçoit toujours pas les technologies quantiques comme une priorité stratégique », estime Andrea Rodríguez, spécialiste des enjeux du numérique au sein du groupe de réflexion European Policy Centre, lors d’un échange avec Euractiv.

Union européenne recherche stratégies nationales

Il y a un an, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas signaient une déclaration commune de coopération dans le domaine des technologies quantiques. L’objectif à l’époque était de promouvoir les synergies entre les trois capitales, et attirer de nouveaux talents.

Mis à part ces trois pays, seuls le Danemark et l’Irlande ont aussi adopté une stratégie nationale — sans pour autant se joindre à la liste des signataires du « Pacte quantique ». L’Espagne et la Suède viennent tout juste de concrétiser la leur.

« Seuls cinq pays membres sur 27 disposent d’une stratégie nationale en matière de technologies quantiques. Bien qu’au moins 16 pays aient mis en place des programmes de financement dédiés à ces technologies, un réel problème d’investissements dans la recherche et le développement (R&D) persiste », précise Mme Rodríguez.

L’Irlande a présenté sa stratégie nationale le mois dernier, avec pour objectif que « [d’] ici 2030, l’Irlande soit un centre de compétitivité internationale [dans le secteur] ».

Le Danemark a lancé sa stratégie pour la recherche et l’innovation quantiques en juin,  en sollicitant un milliard de couronnes danoises (134 millions d’euros).

Copenhague accueillera également le nouveau centre de l’OTAN pour les technologies quantiques, qui comprendra un centre de tests, un laboratoire, un site accélérateur et un incubateur.

Il y a deux ans, l’Allemagne avait annoncé son intention d’investir 2 milliards d’euros dans les technologies quantiques jusqu’en 2026. Le ministère de l’Éducation et de la Recherche s’est en outre engagé à consacrer 1,1 milliard d’euros à la recherche et au développement d’ordinateurs quantiques pour la période allant jusqu’à 2025.

En mai, l’Allemagne a annoncé son nouveau « concept d’action pour les technologies quantiques », afin d’être à la pointe sur ces sujets et s’attaquer de front à la Chine et aux États-Unis. Un fonds d’environ 2,18 milliards d’euros a été créé pour soutenir l’action du gouvernement.

Quant à la France, elle a lancé sa stratégie nationale de recherche et de développement quantique l’année dernière, dotée d’un budget de 150 millions d’euros pour la période 2022-2027.

Enfin, les Pays-Bas ont été les premiers à introduire un plan national en 2019, afin de privilégier la création d’un écosystème industriel national.

[Édité par Théo Bourgery-Gonse & Anne-Sophie Gayet]