Les tories divisés après la déclaration d’un ministre favorable à une sortie de l’UE

Un ministre britannique influent a déclaré dimanche (12 mai) qu’il soutiendrait une sortie de l’Union européenne si un vote était organisé à ce sujet, alors que le premier ministre David Cameron est confronté à une révolte sur l’Europe de la part de législateurs au sein de son propre parti.

EURACTIV.com / Reuters
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Un ministre britannique influent a déclaré dimanche (12 mai) qu’il soutiendrait une sortie de l’Union européenne si un vote était organisé à ce sujet, alors que le premier ministre David Cameron est confronté à une révolte sur l’Europe de la part de législateurs au sein de son propre parti.

 

Une centaine de conservateurs eurosceptiques du parlement devraient soutenir un amendement cette semaine. Ce document condamne les projets législatifs présentés mercredi soir par la coalition gouvernementale, car ils ne mentionnent pas de référendum sur l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE.

 

Les ministres ont reçu l’instruction de ne pas rejoindre la fronde, mais ont été autorisés à s’abstenir, signe des divisions croissantes qui traversent le parti de David Cameron depuis des décennies.

 

Trois ministres éminents, dont celui de l'éducation, Michael Gove, ont indiqué dimanche qu'ils entendaient s'abstenir.

 

M. Gove est allé plus loin, devenant la première personnalité conservatrice éminente à confirmer publiquement qu'il soutiendrait la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne si un vote était organisé sur la base des conditions actuelles de l'adhésion.

 

« Je ne suis pas satisfait de notre situation au sein de l’Union européenne et ma préférence va à un changement de relation entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne », a déclaré M. Gove, parfois perçu comme un rival de M. Cameron. « La vie en dehors [de l’UE] serait parfaitement supportable, nous pourrions regarder ce qu’il s’y passe, il y aurait certains avantages. »

 

L'Europe : un sujet de discorde

 

Contraint de gouverner depuis 2010 avec des libéraux démocrates pro-européens, David Cameron avait promis que son parti allait arrêter « de lui casser les pieds à propos de l’Europe ». Ce sujet de discorde avait eu raison des gouvernements de ses prédécesseurs Margaret Thatcher et John Major.

 

Le premier ministre subit toutefois de plus en plus de pressions internes après l'échec des Tories lors des élections locales ce mois-ci, au profit du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP).

 

David Cameron a promis de renégocier les relations entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne et d'organiser un référendum sur l'adhésion à l'UE en 2017. Les eurosceptiques veulent cependant que ce vote ait lieu maintenant.

 

Les projets de M. Cameron dépendent non seulement de la garantie de conditions d'adhésion plus favorables à l'UE, mais également de la formation du prochain gouvernement britannique par les conservateurs après les élections en 2015. Le Parti travailliste dans l'opposition devance actuellement de 10 % les conservateurs dans les sondages.

 

M. Gove et d'autres ministres ont indiqué qu'ils soutenaient pleinement la position de David Cameron, mais cela n'a pas atténué les clameurs internes.

 

Les jeunes conservateurs au parlement pourront choisir librement de soutenir la proposition d'amendement, mais les ministres ont reçu l'ordre de s'abstenir, a indiqué une source gouvernementale.

 

Un ministre anonyme a déclaré au Sunday Telegraph que le fait que David Cameron ne parvenait même pas à contraindre les membres de son cabinet de voter contre la motion révélait la faiblesse du premier ministre.

 

L'ancien ministre Liam Fox, l'adversaire de David Cameron au poste de chef de file des conservateurs en 2005, a déclaré à Sky News qu'il soutiendrait l'amendement. Il l'a cependant qualifié d' « élément de frustration » plutôt que d'une critique manifeste de la position du premier ministre.

 

Alors que plus de 500 dirigeants d'entreprises ont soutenu la politique de renégociation de David Cameron en avril et ont déclaré que de nouvelles relations plus souples stimuleraient l'économie britannique, d'autres craignent que sa promesse de référendum ne crée un climat d’incertitude qui découragerait les investissements.