Les Tchèques prennent en main la crise gazière chaotique [FR]
Dans la nuit d’hier (8 janvier), des négociations par téléphone ont abouti à des résultats optimistes, bien que sans conclusion véritable, après que le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE, a annoncé depuis Prague qu’il avait réalisé des progrès avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Dans la nuit d’hier (8 janvier), des négociations par téléphone ont abouti à des résultats optimistes, bien que sans conclusion véritable, après que le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE, a annoncé depuis Prague qu’il avait réalisé des progrès avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Selon une déclaration de la présidence tchèque, l’Union européenne et la Russie se sont mises d’accord sur les conditions du déploiement d’observateurs dans chaque point pertinent du réseau de gaz en territoire ukrainien afin de restaurer les approvisionnement de gaz russe destinés à l’UE.
M. Topolanek a coordonné la médiation avec l’aide de la chancelière allemande Angela Merkel, peut-on lire dans la déclaration.
L’annonce surprenante est survenue après que les précédentes négociations ont échoué à Bruxelles, comme l’a reconnu le commissaire à l’Energie Andris Piebalgs et le ministre tchèque de l’Energie Martin Riman lors d’une conférence de presse quelque peu déprimante. L’essentiel de la dispute, ont-ils expliqué, repose sur le fait que Moscou souhaitait que ses propres observateurs contrôlent la distribution du gaz en Ukraine, ce à quoi s’est opposé l’Ukraine.
Ayant abandonné ses précédentes positions – selon lesquelles le conflit gazier était un différend commercial bilatéral et qu’en tant que tel, il ne nécessitait pas de médiation européenne après que la Russie a interrompu complètement l’approvisionnement gazier via le territoire ukrainien -, Bruxelles souhaite désormais envoyer des observateurs pour contrôler l’approvisionnement du gaz destiné à l’Europe (EURACTIV 08/01/09). Une déclaration du Conseil publiée hier appelle la Russie et l’Ukraine à accepter une surveillance indépendante de l’actuel flot gazier acheminé par les gazoducs.
Boycott russe
Tout au long de la journée d’hier, des informations contradictoires ont filtré de réunions chaotiques entre des délégations de haut niveau de l’entreprise russe Gazprom et de l’entreprise ukrainienne Neftohaz. En outre, une série d’événements ont montré une impasse : la partie russe a refusé de tenir une réunion tripartite avec des représentants européens et ukrainiens, évitant même de participer à une discussion tripartite organisée par la commission à la Politique extérieure du Parlement européen.
La délégation ukrainienne, conduite par le vice-président du gouvernement Hryhoriy Nemyria, a saisi l’opportunité de présenter ses positions aux eurodéputés, donnant des preuves considérables pour démentir les affirmations de Moscou selon lesquelles son pays volait du gaz russe. Des eurodéputés en colère ont critiqué la Russie, qui n’a pas honoré son engagement de participer à la réunion. L’eurodéputé britannique Charles Tannock a indiqué que cette décision était honteuse, tandis que l’eurodéputé bulgare Vladko Panayotov a comparé la situation dans son pays après la coupure de l’approvisionnement aux horreurs de Stalingrad.
Bien que les observateurs de l’UE pourraient être sur place dans quelques heures, il reste à savoir quand les approvisionnements du gaz russe reprendront. Un groupe de coordination du gaz dirigé par la Commission se rencontrera aujourd’hui à Bruxelles pour examiner l’aide dont ont besoin les pays qui sont les plus sévèrement touchés par la crise. Le ministre tchèque Riman n’a pas exclu hier que l’Union puisse prendre une décision visant à rouvrir des unités de la centrale bulgare de Kozloduy si la crise se poursuit.
Les ministres de l’Energie se rencontreront au pied levé lundi.