Les Tchèques assombrissent un sommet européen irrésolu [FR]

Malgré un contexte de plus en plus pesant, les dirigeants européens ont dû admettre que Prague pourrait ne pas ratifier le traité de Lisbonne suite à l’échec du référendum irlandais et dans la mesure où aucun calendrier n’a pu être fixé pour trouver un moyen de sortir de la crise.

Malgré un contexte de plus en plus pesant, les dirigeants européens ont dû admettre que Prague pourrait ne pas ratifier le traité de Lisbonne suite à l’échec du référendum irlandais et dans la mesure où aucun calendrier n’a pu être fixé pour trouver un moyen de sortir de la crise.

En s’exprimant après le sommet du 20 juin, le Premier ministre tchèque eurosceptique Mirek Topolanek s’est dit satisfait des conclusions du Conseil.

Il a déclaré qu’après de longues discussions, la République tchèque a été capable de défendre sa position autonome, expliquant qu’en supprimant seulement un mot, « the » dans la version anglaise, et en ajoutant une note en bas de page à la déclaration finale commune, la République tchèque avait réussi à marquer un point décisif dans des négociations difficiles.

En effet, le communiqué stipule maintenant : « le Conseil européen a indiqué que les parlements de 19 États membres avaient ratifié le traité et que le processus de ratification se poursuivait dans d’autres États membres ». Une version précédente du texte avait annoncé que la ratification continuerait « dans les autres pays », précisant davantage que les sept autres nations européennes – dont la République tchèque – doivent poursuivre le processus.

D’après la note en bas de page : « le Conseil européen a noté que la République tchèque ne peut pas achever son processus de ratification avant que la Cour Constitutionnelle ne livre son avis positif sur l’accord du Traité de Lisbonne avec le droit constitutionnel tchèque ».

La décision de la Cour est attendue en septembre ou octobre – le président français Nicolas Sarkozy espérant qu’elle sera rendue à temps pour prochain sommet important de l’UE, lorsque l’Irlande devra présenter une nouvelle solution pour faire avancer l’UE suite à son rejet du traité de Lisbonne.

« L’Irlande, c’est un problème, mais si nous avions un deuxième ou un troisième problème, cela deviendrait très difficile », a déclaré M. Sarkozy à la fin du sommet.

Cette déclaration a également été adressée au Royaume-Uni, où un juge de la Haute Cour devrait statuer la semaine prochaine afin de déterminer si le fait que le pays ratifie le traité sans organiser de référendum est légal.

En s’exprimant après le sommet, le Premier ministre britannique Gordon Brown a effrayé quelques personnes en admettant que son gouvernement ne serait pas capable d’achever le processus de ratification tant que la Cour n’aurait pas fait connaître sa décision. M. Sarkozy, dont le pays reprend la présidence de l’UE le 1er juillet, a déclaré que le débat concernant les futurs scénarios avec le gouvernement irlandais serait l’une de ses principales priorités, une visite à Dublin étant programmée dès le 11 juillet.

Soutenu par plusieurs autres dirigeants, M. Sarkozy a clairement fait savoir qu’il aimerait que le traité entre en vigueur avant les prochaines élections de juin 2009. Sa position a été partagée par les dirigeants du gouvernement libéral, qui ont souligné que le 1er avril est la date limite pour que l’Irlande ratifie le traité lors d’un éventuel deuxième référendum.

Cependant, le Premier ministre irlandais Brian Cowen a répété qu’il n’y aura pas de solution rapide ou facile pour résoudre le dilemme. Il a été appuyé par son ministre des Affaires étrangères, Micheál Martin, qui a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce qu’une solution soit proposée lors du sommet d’octobre, bien que le président de la Commission, José Manuel Barroso, ait insisté sur le fait que ce moment serait tout à fait approprié.

Néanmoins, le Premier ministre slovène et président du Conseil Janez Jansa a également déclaré qu’augmenter la pression pour fixer un calendrier afin de trouver une solution à la crise serait contreproductif. Il a ajouté que tout sentiment de pression pourrait avoir un effet défavorable sur la situation.