Les syndicats contre l’austérité lors des manifestations du 1er mai
Des centaines de milliers de travailleurs d’Europe du Sud ont manifesté contre les coupes budgétaires lors de rassemblements du 1er mai, hier, en amont des élections en Grèce et en France où les dirigeants devraient faire les frais des mesures d’austérités imposées.
Des centaines de milliers de travailleurs d’Europe du Sud ont manifesté contre les coupes budgétaires lors de rassemblements du 1er mai, hier, en amont des élections en Grèce et en France où les dirigeants devraient faire les frais des mesures d’austérités imposées.
Les syndicats espagnols, portugais, italiens, français et grecs ont profité des défilés traditionnels pour exprimer leur colère face à la vague d'austérité qui déferle sur l'Europe dans le but de remettre à flots les fonds publics, une approche critiquée pour avoir plongé certains pays dans la récession.
De brèves altercations ont eu lieu entre les manifestants italiens et la police anti-émeute à Turin et nombreux sont ceux qui ont rejoint à ville centrale de Rieti pour écouter les leaders des trois grands syndicats du pays dénoncer les réformes du premier ministre, Mario Monti.
Quant aux syndicats français, ils ont organisé près de 290 manifestations, de Marseille au sud à Strasbourg à l'est, en passant par Paris. Selon le ministère de l'intérieur, 316 000 personnes y ont participé au total, contre 77 000 en 2011.
Le président Nicolas Sarkozy a rassemblé près de 100 000 personnes à Paris, pour une manifestation du « vrai travail ». Le principal syndicat, la CGT, avait recommandé de voter contre lui le 6 mai prochain. C'est la première fois qu'un syndicat appelle ouvertement à voter contre un candidat.
L'extrême droite vote blanc
Les électeurs français semblent prêts à préférer la croissance économique du socialiste François Hollande à l'austérité de M. Sarkozy, toujours second dans les sondages. La dirigeante du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, dont les électeurs joueront un rôle clé au second tour, a déclaré mardi, lors du rassemblement annuel de son parti, qu'elle voterait blanc.
Mme Le Pen est arrivée en troisième place lors du premier tour des élections le 22 avril, avec 17,9 % des voix. Récupérer son électorat pour le second tour du 6 mai est un enjeu de taille, surtout pour M. Sarkozy qui est à la traîne dans les sondages.
À Madrid, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté sous la pluie contre les mesures de coupe budgétaire et des milliers de Portugais se sont réunis également à Lisbonne. Près de 5 000 travailleurs, retraités et étudiants ont défilé à Athènes, brandissant des bannières où l'on pouvait lire « Révoltons-nous » et « Taxez les riches ».
Les Grecs voteront eux aussi ce dimanche, à l'occasion d'élections législatives qui menacent le renflouement du pays en punissant ceux qui ont soutenu les mesures d'austérité.
« Notre message sera renforcé dimanche », a déclaré Maria Drakaki, une fonctionnaire qui a vu son salaire diminuer.
« Il est clair que je ne voterai pas pour l'un des deux partis principaux »
Ces deux partis, le PASOK socialiste et le conservateur Nouvelle démocratie, dirigent la Grèce depuis des dizaines d'années. Ils devraient toutefois éprouver des difficultés à rassembler suffisamment de partisans pour relancer leur coalition pro-renflouement.
Le taux de chômage en Espagne a explosé à presque 25 % au premier trimestre, soit plus du double de la moyenne européenne. Le pays a alors sombré dans une période de récession. Certains économistes, notamment ceux du Fonds monétaire international, s'interrogent quant au fait que les mesures d'austérités soient imposées aux dépens de la croissance.
Les Portugais sont descendus dans les rues
Au Portugal, des milliers de personnes se sont rassemblées à Lisbonne. « Non au vol de nos salaires », pouvait-on lire sur leurs pancartes.
Le syndicat CGTP, qui revendique 700 000 adhérents, a refusé de signer un accord de réforme du marché du travail dans le cadre du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé au pays par l'UE et le FMI. Le slogan fédérateur du groupe est « Contre l'exploitation et l'appauvrissement, pour une politique du changement ».
« L'austérité n'est pas une solution pour le Portugal ni pour l'Europe », a déclaré João Proença, le dirigeant du second syndicat, l'UGT. « La question centrale est celle de la promotion de la création d'emploi. »
Le Portugal met en place des mesures d'austérité difficiles, ce qui a aggravé la récession et fait grimpé le taux de chômage au niveau record de 15 %.