Le corps médical appelle les malades à continuer de se faire soigner
Avec la crise sanitaire, beaucoup de patients non COVID voient leur intervention chirurgicale ou leurs soins reportés. Les professionnels de santé veulent les rassurer.
Avec la crise sanitaire, beaucoup de patients non COVID voient leur intervention chirurgicale ou leurs soins reportés. Les professionnels de santé veulent les rassurer.
22 000 greffes de reins non effectuées en 2020, soit 30% de moins qu’en 2019, moins 20% d’opérations de la cataracte… Le suivi des patients non COVID a été très difficile depuis le début de la crise sanitaire.
Créé pour faire face aux différentes crises, le plan blanc est un dispositif du plan Orsan (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) datant de 2014. Selon Katia Julienne, directrice générale de l’Offre de soins auprès du ministère de la Santé, il consiste à « l’adaptation sur le terrain de l’accès aux soins, la déprogrammation et l’organisation entre établissements privés et publics pour gérer les patients COVID et non COVID », a-t-elle expliqué lors d’un webinaire organisé jeudi soir (15 avril) par l’Association France Assos Santé sur le sujet.
« Les soins critiques sont maintenus, les personnes atteintes de cancers ou ayant subi une greffe ont continué d’être surveillées », poursuit-elle. Le ministère ne fixe pas de chiffre de déprogrammation mais en confie la responsabilité aux Agences régionales de santé (ARS) qui doivent ainsi réorganiser les activités. Le but est de préserver au maximum la prise en charge non COVID. Les formations des infirmières spécialisées avaient par exemple été arrêtées pour qu’elles puissent prendre en charge des patients.
Un rattrapage difficile
«Il y a une évidente bonne volonté d’aider les patients covid, mais je suis critique vis-à-vis de ce qui s’est produit », souligne le Dr Olivier Charois, orthopédiste et traumatologue dans une clinique privée. « Nous avons reçu une injonction de l’ARS de déprogrammer 50% des opérations le vendredi avant le week-end avant Pâques. Nous avons dû trier les patients, reporter les opérations pouvant nécessiter une surveillance en soins intensifs ou les patients sans préjudice. Nous avons eu à peine trois jours pour le faire et contacter les patients », raconte-t-il.
Le spécialiste s’est montré préoccupé. Dans un établissement à flux tendu, le rattrapage des opérations s’avère difficile entre le processus de soins sécurisé qui ralentit, l’espacement entre les patients, la déprogrammation des patients testés positifs et qui sont impossibles à remplacer. « Nous avons 36 lits libérés mais seulement 4 patients COVID », constate-t-il.
Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France a fait état de chiffres alarmants. Lors de la première vague, les activités chirurgicales ont diminué de 72%, et de 49% pour la médecine générale. Lors de la deuxième vague, les autorités de santé ont réussi à mieux concilier les soins COVID et non COVID, avec -15% d’activité en chirurgie et – 14% en médecine générale.
Outre la question de l’organisation, ces chiffres révèlent que les patients eux-mêmes ont renoncé aux soins, notamment par peur des maladies nosocomiales et de la COVID. Tous les participants au webinaire exhortent les patients à continuer de se faire soigner.
Pour Christine Schibler, déléguée générale de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), « le vaccin est le meilleur espoir pour le retour à la normale, nous retrouverons peut-être une bonne dynamique cet été ». À l’heure actuelle, 61% des soignants sont vaccinés.