Les socialistes muets sur la question du nouveau président de la Commission [FR]

Le Parti socialiste européen (PSE) n’a pas réussi à s’entendre sur un candidat potentiel au poste de président de la Commission européenne lors d’un Conseil qui s’est tenu hier à Madrid. Les rumeurs vont désormais bon train à Bruxelles.

Le Parti socialiste européen (PSE) n’a pas réussi à s’entendre sur un candidat potentiel au poste de président de la Commission européenne lors d’un Conseil qui s’est tenu hier à Madrid. Les rumeurs vont désormais bon train à Bruxelles.

Les socialistes et les sociaux démocrates de toute l’Europe se sont rassemblés à Madrid pour la présentation d’un manifeste commun en vue des élections européennes de 2009. Revigorée par les retombées de la crise financière, la confiance parmi les délégués était telle que les leaders du parti avaient prévu que le PSE serait le plus grand groupe au Parlement européen après les élections de juin (EURACTIV 02/12/08). Le parti détient actuellement 215 sièges, contre 284 pour le groupe de centre droit du PPE-DE.

Toutefois, l’incapacité des socialistes à désigner un candidat pour la présidence de la future Commission 2009 a assombri les autres débats par ailleurs positifs du Conseil. Les observateurs s’attendaient à ce que les socialistes présentent un nom pour la présidence. En effet, si le PSE allait à former une majorité au sein du nouveau Parlement, il détiendrait un droit de veto sur la composition de la nouvelle Commission. 

Pourtant, malgré les nombreux discours des délégués du PSE appelant le leadership du parti à présenter un candidat, aucun n’y était disposé. 

Le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen, que la rumeur donnait auparavant candidat potentiel, a indiqué aux journalistes que le parti ne débattrait de cette question qu’au cours de sa prochaine réunion de haut niveau en février 2009. Il a déclaré qu’il lui était impossible de donner une réponse claire avant février. Je ne dis ni oui ni non, a-t-il affirmé, ajoutant qu’il n’aimait pas ne rien dire, mais que c’était le cas. 

Des socialistes en vue comme les Premiers ministres José Luis Zapatero (Espagne) et José Socrates (Portugal) avaient mis du sable dans l’engrenage socialiste il y a quelques mois en affirmant leur soutien à un second mandat de José Manuel Barroso (PPE-DE), l’actuel président de la Commission.

En réponse au silence des socialistes, l’Union des fédéralistes européens (UFE) a déclaré que la décision de ne pas nommer un candidat socialiste au poste de président signifiait que les socialistes ont en fait accepté que M. Barroso soit nommé une seconde fois. 

Compte tenu de la proximité des élections au Parlement européen, les partis politiques envoient un signal mitigé aux électeurs s’ils présagent du nom du futur président de la Commission avant même qu’un seul vote n’ait été dépouillé, a indiqué le président de l’Union des fédéralistes européens (UFE). 

En privé, quelques délégués du PSE à Madrid ont exprimé leur consternation à EURACTIV par rapport au fait que les dirigeants de leur parti n’ont pas réussi à présenter un candidat. Ces délégués ont indiqué sous couvert de l’anonymat que même si cette question crève les yeux, elle a été passée sous silence : « Barroso est considéré par un grand nombre de socialistes comme le président de la Commission le plus inefficace de toute l’histoire de l’UE. C’est la raison pour laquelle il faut que nous présentions notre propre candidat pour offrir un choix de centre gauche viable pour les électeurs européens ».