Les socialistes mettent Barroso sur la sellette et demandent les Affaires étrangères [FR]
Hier (9 septembre), les Socialistes au Parlement européen ont insisté pour se voir accorder le poste de haut représentant des Affaires étrangères envisagé par le projet de traité de Lisbonne avant d’apporter leur soutien à la candidature de José Manuel Barroso pour son second mandat en tant que président de la Commission.
Hier (9 septembre), les Socialistes au Parlement européen ont insisté pour se voir accorder le poste de haut représentant des Affaires étrangères envisagé par le projet de traité de Lisbonne avant d’apporter leur soutien à la candidature de José Manuel Barroso pour son second mandat en tant que président de la Commission.
M. Barroso, qui participait à une audience avec le Parti socialiste en amont du vote crucial du Parlement européen sur sa reconduction, a contre-attaqué en disant qu’il ne pouvait faire aucune promesse tant que les Socialistes n’avaient pas de candidat pour le poste.
Des sources au Parlement européen ont appris à EURACTIV comment M. Barroso a accueilli les attaques des eurodéputés socialistes lors de la session qui s’est tenue à huis clos.
L’échange le plus tendu a lieu avec l’eurodéputé Adrian Severin, un ancien ministre roumain des Affaires étrangères, qui a demandé à M. Barroso s’il s’engagerait à ce qu’un socialiste obtienne le poste de haut représentant aux Affaires étrangères prévu par le traité de Lisbonne, et s’il serait prêt à démissionner si cette requête n’était pas satisfaite.
M. Barroso a déclaré être en faveur de la diversité politique au sommet de l’UE, mais il a ajouté qu’il ne pouvait ni imposer ni garantir d’éventuelles décisions.
Si le traité de Lisbonne est ratifié par l’Irlande, l’Allemagne et la République tchèque, l’UE sera représentée par trois personnalités extérieures – le président de la Commission européenne, le président du Conseil des ministres des 27 Etats membres, le haut représentant pour la politique étrangère.
Mais Martin Schulz, président du groupe Socialiste, a rappelé à M. Barroso que sa candidature était soutenue par un premier ministre socialiste de son pays natal, le Portugal.
Au titre de président de la Commission, vous avez la responsabilité de négocier avec les chefs d’Etat et de gouvernement concernant les propositions qu’ils font […] Donc je répète [la question de mon collègue Adrian Severin], parce que c’est dans votre meilleur intérêt : êtes-vous prêt à suggérer au Conseil que, dans l’hypothèse de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le vice-président et le haut représentant devraient être des socialistes ? Oui ou non ?, a demandé M. Schulz.
Bon socialistes, mauvais socialistes
M. Barroso a répliqué qu’il ne serait pas honnête qu’il s’exprime sans savoir qui était le candidat. Il y a de bons socialistes et il y a de mauvais socialistes, a expliqué M. Barroso, en précisant que cela s’appliquait aussi à d’autres groupes politiques.
M. Barroso a dit être prêt à avancer le nom d’un socialiste pour le poste de président du Conseil, ou de haut représentant, car il est nécessaire d’assurer la représentation de la diversité des forces politiques dans l’attribution des postes élevés.
Je peux dire « s’il vous plait » parce que je suis bien élevé, et non parce qu’il m’est demandé de prendre en considération la diversité des forces politiques au moment de décider des postes élevés de l’UE, a-t-il dit. Cela signifie, a-t-il précisé, que le groupe socialiste, l’une des deux forces les plus importantes, devrait être représentée. Je ne peux aller plus loin que ça, aurait-il dit.
Des sources bien informées ont affirmé qu’après cet échange, ils s’attendaient à ce qu’une « diplomatie par téléphone » prenne la suite avant que la Conférence des présidents de jeudi matin ne décide de l’organisation d’un vote sur M. Barroso le 16 septembre à Strasbourg.
Le président du groupe socialiste devrait dire s’il donnera pour instruction à ses eurodéputés de voter pour M. Barroso jeudi à 11h00. Plusieurs eurodéputés socialistes ont indiqué dans des déclarations publiques, sur leur blog ou sur Twitter qu’ils voteront contre M. Barroso.