Les socialistes européens disent non à toute coopération avec l'extrême droite

Les partis de centre gauche doivent rejeter tout dialogue avec l’extrême droite dans les États membres de l’Union européenne. C’est ce qu’ont déclaré les dirigeants socialistes lors d’un congrès du Parti socialiste européen (PSE) qui s’est tenu ce week-end à Berlin.

Euractiv.com
PES congress in Berlin
« Nous affrontons les autocrates avec notre cohésion européenne », a indiqué le chancelier allemand Olaf Scholz dans un discours prononcé à la fin du congrès. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

Les partis de centre gauche doivent rejeter tout dialogue avec l’extrême droite partout dans l’Union européenne : c’est ce qu’ont déclaré les dirigeants socialistes lors d’un congrès du Parti socialiste européen (PSE) qui s’est tenu ce week-end à Berlin.

L’objectif à court terme du PSE est de « gagner les élections européennes en 2024 », si l’on en croit les principales voix du parti, ce qui montre l’importance de la lutte contre la montée des partis d’extrême droite.

L’ancien Premier ministre suédois Stefan Löfven a été élu à la présidence du PSE lors du congrès, et ce dernier s’est opposé à toute coopération avec les partis d’extrême droite qui ont gagné du terrain ces derniers mois partout en Europe.

« La coopération ? Oui, mais il faut aussi tracer une ligne là où celle-ci n’est pas possible. Nous coopérerons avec ceux qui admettent au moins que chaque être humain a exactement la même valeur », a expliqué M. Löfven devant les journalistes.

« Nous affrontons les autocrates avec notre cohésion européenne », a indiqué le chancelier allemand Olaf Scholz dans un discours prononcé à la fin du congrès. Il a également félicité la Commission européenne pour ses efforts concernant les violations de l’État de droit, qui sont « inacceptables », selon les termes du chancelier.

La cheffe de file du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen, Iratxe Garcia Perez, a adopté une ligne encore plus dure, affirmant devant les journalistes que sur des questions telles que la modification des traités ou les sanctions contre la Russie, il n’y a pas d’espace de dialogue avec eux.

« Giorgia Meloni ne peut pas garantir la stabilité en Italie », a-t-elle déclaré, en évoquant la leader du parti d’extrême droite Frères d’Italie (Fratelli d’Italia) et probable prochaine Première ministre italienne.

Selon le co-président du parti de gauche polonais (Lewica) et député européen Robert Biedron, les partis d’extrême droite sont comme des « chevaux de Troie » qui font des promesses « qu’ils ne peuvent pas tenir », a-t-il confié à EURACTIV.

Il a cité en exemple le cas de la sécurité énergétique en Pologne. « Lorsqu’ils [l’extrême droite] arrivaient au pouvoir, ils disaient que la Pologne était indépendante. Ils se sont battus contre l’énergie verte, et maintenant, la Pologne est le pays le plus dépendant du charbon russe dans l’UE », a-t-il affirmé.

De même, la députée européenne allemande Gabriele Bischoff a indiqué à EURACTIV que la normalisation de l’extrême droite, comme avec le parti de Mme Meloni, était « post-fasciste » et de fait « dangereuse ». Elle a également souligné le risque d’alignement sur des gouvernements tels que la « démocratie illibérale » de Viktor Orban en Hongrie.

Regarder du côté du centre

Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a exposé une stratégie différente dans son discours, affirmant que les socialistes doivent « cibler le centre droit » pour le dialogue. « Le centre droit compte des personnes avec lesquelles nous pouvons travailler. Nous pouvons leur faire cette offre. »

Cependant, le centre droit en Italie, notamment le parti Forza Italia (Allez l’Italie) de Silvio Berlusconi, a décidé de faire partie du futur gouvernement de Mme Meloni, un choix qui a été fortement critiqué par une série d’eurodéputés.

« Pour nous, une chose est claire, nous ne dialoguons pas avec les néo-fascistes ou les post-fascistes », a confié l’eurodéputé portugais Pedro Marques à EURACTIV.

Pendant ce temps, l’eurodéputé espagnol Fernando Lopez Aguilar a indiqué à EURACTIV que le centre gauche devait être plus proactif dans la lutte contre la montée de l’extrême droite.

« Une leçon à tirer est que [la victoire de l’extrême droite] ne peut pas être considérée comme un fait. Si vous prévoyez vraiment que l’extrême droite est en train de monter, alors il est de votre devoir de faire de votre mieux pour l’empêcher de se produire, pour renverser la tendance des sondages et finalement pour gagner », a-t-il affirmé.