Les socialistes européens critiquent la participation de la Commission au Conseil de la paix de Trump

Les forces politiques européennes de centre-gauche ont publiquement reproché à la Commission européenne d’avoir envoyé l’un de ses commissaires à la première réunion du Conseil de la paix initié par Donald Trump, jeudi 19 février.

/ EURACTIV.com
Democratic Party Secretary Elly Schlein Pays Tribute To David Sassoli On Anniversary Of His Death
Iratxe García Pérez, présidente du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D). [Getty Images/Simona Granati_Corbis]

La Commission européenne, dirigée par la présidente de centre-droit Ursula von der Leyen, a dépêché à Washington Dubravka Šuica, membre relativement discret du Collège des commissaires. Cette décision confirme que l’UE ne deviendra pas membre à part entière du Conseil, mais laisse planer une incertitude quant à son statut officiel d’« observateur ».

L’exécutif européen « doit clairement expliquer » sa position sur le conseil de Donald Trump, a écrit mardi 17 février l’eurodéputé socialiste grec Yannis Maniatis dans un communiqué de presse.

« Le manque de transparence, le mandat flou et les risques liés à la participation à des initiatives en dehors du cadre des Nations unies suscitent de sérieuses inquiétudes », a-t-il ajouté.

Les socialistes ont également souligné l’avertissement de Kaja Kallas, Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, selon lequel le Conseil pourrait conduire à l’exclusion des Palestiniens des décisions prises concernant leur propre avenir.

« J’espère sincèrement que [la participation de la Commission] pourra être corrigée, car elle est clairement contraire aux valeurs et aux intérêts de l’UE », a affirmé mardi le socialiste espagnol Javi López.

Invité à répondre aux critiques des socialistes, un porte-parole de la Commission a indiqué mardi que la Commission faisait « tout son possible » pour soutenir le processus de paix au Moyen-Orient, les besoins des citoyens de Gaza et les efforts de reconstruction.

« C’est également dans cette optique que s’inscrit la décision de faire participer la commissaire Šuica au point spécifique relatif à Gaza et à sa reconstruction au sein du Conseil de paix. »

« Ce qui importe […] c’est notre intention de collaborer avec tous les partenaires, y compris les États-Unis, sur cette question », a ajouté le porte-parole.

Le mois dernier, le président du Conseil européen, António Costa, lui-même socialiste, a déclaré qu’il avait de « sérieux doutes » sur certains éléments de la charte du Conseil, notamment en ce qui concerne son champ d’application, sa gouvernance et sa compatibilité avec la Charte des Nations unies.

La Bulgarie et la Hongrie sont les seuls États de l’UE à avoir officiellement rejoint le Conseil en tant que membres à part entière. La participation de la Bulgarie reste soumise à ratification et lui confère, dans l’intervalle, un droit de vote consultatif.

L’Italie, la Grèce, Chypre et la Roumanie font partie des États membres de l’UE qui participeront aux pourparlers de Washington en tant qu’« observateurs ». Plusieurs autres pays, dont le Danemark et les trois États baltes, n’ont pas été invités à se joindre aux États-Unis.