Les socialistes espagnols accusent le parti d'extrême droite Vox de financement irrégulier

Jeudi 19 décembre, le Parti socialiste du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déposé une plainte auprès du parquet contre le parti d’extrême droite Vox pour financement irrégulier présumé, incluant un prêt de plusieurs millions auprès d’une banque hongroise proche de Viktor Orbán.

EFE avec EURACTIV.com
The Pp Submits The Government To A New Examination In The Plenary Session Of The Congress Due To Corruption
Le président du gouvernement, Pedro Sanchez, s'exprime lors d'une session plénière au Congrès des députés, le 11 décembre 2024 à Madrid, Espagne. [Fernando Sanchez/Europa Press via Getty Images]

Jeudi 19 décembre, le Parti socialiste du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déposé une plainte auprès du parquet contre le parti d’extrême droite Vox pour financement irrégulier présumé, incluant un prêt de plusieurs millions auprès d’une banque hongroise proche de Viktor Orbán.

Le parti au pouvoir, le PSOE (S&D), a déposé la plainte contre Vox (Patriotes pour l’Europe, PfE) après avoir « constaté » qu’« au moins depuis 2020 », la formation d’extrême droite avait utilisé « une série d’éléments irréguliers pour obtenir des revenus économiques », y compris des « tirelires ou des boîtes à billets » sur les points d’information qu’elle avait mis en place dans les principales villes d’Espagne.

Peu après l’annonce de la nouvelle, la porte-parole de Vox au parlement, Pepa Millán, a minimisé la démarche, affirmant que le PSOE tentait de détourner l’attention des médias des affaires de corruption qui touchent actuellement le parti de Pedro Sánchez.

« Si c’est leur façon de détourner l’attention, qu’ils aillent au tribunal et fassent ce qu’ils veulent, mais nous ne sommes pas inquiets : ceux qui devraient être inquiets, ce sont eux », a réagi la porte-parole de Vox, faisant référence à l’affaire dite « Koldo » et à une enquête en cours sur Begoña Gómez, l’épouse de Pedro Sánchez.

« Le PSOE et le gouvernement sont entourés de corruption », a poursuivi Pepa Millán.

Dans une déclaration publiée jeudi 19 décembre, le PSOE a averti que Vox avait réussi à lever des fonds par le biais de plusieurs systèmes de financement irréguliers qui « pourraient s’élever à 5 millions d’euros, selon les données obtenues à partir des comptes annuels que la formation politique a publiés sur son site web ».

Dans sa plainte, le PSOE cite un prêt de 6,5 millions d’euros accordé par la banque hongroise MBH Bank Nyrt, dont l’actionnaire principal est un fonds d’État du pays, lié au Premier ministre Viktor Orbán, et que Vox a tenté de dissimuler dans ses comptes officiels, selon RTVE.

Le parti d’extrême droite espagnol est dirigé par le controversé Santiago Abascal, récemment nommé à la tête du groupe européen Patriotes pour l’Europe, composé, entre autres, de La Lega (Italie), du Rassemblement national (France), de Vox (Espagne), du Parti pour la Liberté (PVV, Pays-Bas) et de Chega (Portugal).

Même si le PSOE a déposé la plainte auprès du ministère public le 13 décembre, la nouvelle n’a fait la une de la presse espagnole que six jours plus tard.

Une collecte de fonds très opaque

Vox compte 33 députés au parlement espagnol et a doublé son nombre de sièges au Parlement européen, passant de trois à six après les élections européennes de juin.

Selon le PSOE, Vox pourrait avoir violé la loi sur le financement des partis politiques, et le parti d’extrême droite « pourrait être en train de commettre un délit de financement illégal des partis politiques, comme prévu à l’article 304 bis du code pénal ».

Outre les prêts, le PSOE signale la vente de produits dérivés dans les stands d’information de rue de Vox comme un autre moyen de « collecter des fonds en espèces d’une manière absolument opaque ».

Ces revenus « semblent également manquer de traçabilité, car ils sont confondus avec les revenus des dons anonymes » qui, selon les directives internes de Vox publiées par divers médias, sont marqués « d’une valeur inférieure à 300 euros pour éviter d’identifier une personne », selon les sources du PSOE.

De cette manière, « [Vox] enfreindrait une fois de plus les règles de financement, qui interdisent le financement des partis politiques par les gouvernements et les organismes publics étrangers, les entités ou les entreprises ou les sociétés qui leur sont directement ou indirectement liées ».