Les socialistes en ordre dispersé sur la réforme des finances publiques
Les candidats à la primaire socialiste s’accordent pour fustiger le bilan fiscal de Nicolas Sarkozy, mais affirment leurs différences sur les solutions à retenir, notamment sur la "règle d’or".
Les candidats à la primaire socialiste s’accordent pour fustiger le bilan fiscal de Nicolas Sarkozy, mais affirment leurs différences sur les solutions à retenir, notamment sur la « règle d’or ».
L’obsession du retour à l’équilibre des finances publiques des pays de la zone euro rejaillit dans les débats des primaires socialistes. Depuis quelques semaines, les candidats tergiversent sur la « règle d’or », où l’Allemagne éclaire une fois de plus la voie à suivre. D’autres pays lui emboîtent depuis le pas (voir encadré ci-dessous), conformément aux propositions communes formulées récemment par Paris et Berlin.
En renforçant la règle de l’équilibre des finances publiques déjà présente dans la Constitution, le gouvernement signifie sa volonté de plafonner les dépenses publiques tout en garantissant un seuil minimum de recettes annuelles.
L’arsenal juridique est lourd, puisqu’il repose sur la création d’une nouvelle catégorie de « loi-cadre » et sur une épineuse réforme constitutionnelle dont l’adoption restera lettre morte sans les précieuses voix de l’opposition. Du pain béni pour le PS qui muscle sa capacité d’obstruction pour faire trébucher la droite.
Mais l’unité de l’opposition est pour l’instant un vœu pieu. S’ils essayent d’éviter le règlement de compte interne, les candidats à la primaire socialiste ont chacun une vision différente de « leur » règle d’or.
Trois conditions pour la règle d’or
Le discours tenu par Manuel Valls au siège du PS le 22 août est l’illustration de ce savant jeu d’équilibre. Martelant son désir de « vérité » à l’égard des Français, le maire d’Evry a résumé dans une lettre adressée aux cinq autres candidats à la primaire les conditions dans lesquelles il était prêt à voter la règle d’or : suppression des heures supplémentaires défiscalisées, annulation de la baisse de la TVA dans la restauration et relèvement de la dernière tranche d’impôt sur le revenu à 50% (contre 41% aujourd’hui, ndlr).
Ces mesures, qui résonnent comme un réquisitoire contre la politique fiscale du gouvernement, seraient consignées dans une loi de finances rectificative précédant l’adoption du budget pour l’année 2012. « Souhaiter l’équilibre des comptes, c’est être de gauche ! », a lancé M. Valls.
L’intégralité des nouvelles recettes dégagées au moyen de réformes (suppression des niches fiscales, refonte de l’impôt…) devra selon lui servir à la résorption du déficit français, quand le projet socialiste veut seulement y affecter 50% des ressources.
« Pas tout promettre »
Une rhétorique qui tendrait cependant à le rapprocher de François Hollande, dont le projet décrit le 21 août dans un entretien au JDD est « de faire voter au lendemain de la présidentielle une loi de programmation qui respectera nos objectifs européens de réduction de déficits ». Tous deux ont d’ailleurs à cœur de ramener les électeurs de gauche sur terre. « Nous ne pouvons pas tout faire et tout promettre », reconnaît Manuel Valls. Une affirmation en tout point semblable à ce que déclarait François Hollande dans l’hebdomadaire dominical.