Les séparatistes catalans prennent parti pour les Britanniques à Gibraltar
L’un des principaux partis indépendantistes de la Catalogne a mis de l’huile sur le feu en Espagne. Il a exprimé sa sympathie pour les habitants « persécutés » du territoire britannique.
L’un des principaux partis indépendantistes de la Catalogne a mis de l’huile sur le feu en Espagne. Il a exprimé sa sympathie pour les habitants « persécutés » du territoire britannique.
Le parti séparatiste Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), membre de la coalition gouvernementale en Catalogne, a envoyé une lettre au gouverneur de Gibraltar, Fabian Picardo. Il y déplore le comportement « déplacé » du gouvernement central espagnol.
Les tensions entre Londres et Madrid ont atteint leur paroxysme à la suite de questions de droits de pêche et des contrôles aux frontières du territoire.
Même si le soutien catalan à l'égard de l'attitude de Gibraltar ne devrait pas influencer les résultats des négociations entre la Grande-Bretagne et l'Espagne, la lettre rappelle les divisions politiques auxquelles est confronté le gouvernement espagnol. Sa position ferme sur Gibraltar pourrait également avoir des répercussions à l'échelle nationale.
« Nous regrettons sincèrement la persécution et le harcèlement que le gouvernement espagnol fait subir aux citoyens que vous représentez de manière démocratique […] afin de faire oublier ses scandales internes politiques et financiers », a écrit Alfred Bosch, député régional d'ERC.
Rédigée en anglais et en catalan et datée du 12 août, la lettre a été publiée dans les médias en début de semaine.
L'ERC, classée à gauche, a doublé sa présence au Parlement catalan lors des dernières élections régionales en novembre 2012, obtenant 14 % des suffrages.
Alfred Bosch est réputé pour son franc-parler et sa position agressive à propos de l'indépendance catalane. Le gouvernement central y est d'ailleurs fortement opposé.
Des partis de l'opposition ont accusé le premier ministre espagnol et son Parti populaire de centre-droit d'utiliser Gibraltar en vue de détourner l’attention des Espagnols des troubles économiques et d’un scandale de corruption.
Le conflit s'est tellement envenimé que la Grande-Bretagne a mis en garde l'Espagne : elle pourrait saisir la justice afin de contraindre Madrid de mettre fin à des contrôles stricts à la frontière.
M. Bosch a comparé la situation à Gibraltar avec celles en Catalogne, une région où de nombreux partis souhaitent organiser un référendum sur l'avenir du territoire.
« Nous sommes convaincus que la seule solution de la question du Rocher, tout comme de la question de Catalogne, passe par le dialogue, le vote, et le principe d'autodétermination », ajoute le député d'ERC en concluant : « Votre liberté est notre liberté ».