«Les Russes doivent avoir un débat sur le stalinisme»
Dans un entretien accordé à EURACTIV.com, le chercheur au Ceps (Centre for European Policy Studies) Piotr Maciej Kaczynski estime que la Pologne et la Russie ne se réconcilieront pas réellement tant que la Russie n’ouvrira pas un débat sur le stalinisme.
Dans un entretien accordé à EURACTIV.com, le chercheur au Ceps (Centre for European Policy Studies) Piotr Maciej Kaczynski estime que la Pologne et la Russie ne se réconcilieront pas réellement tant que la Russie n’ouvrira pas un débat sur le stalinisme.
Quelques jours après l’accident d’avion qui a coûté la vie à une partie de l’élite politique, économique et militaire polonaise, dont le président de la République Lech Kaczynski, l’émotion en Russie est vive. Il est cependant difficile de savoir ce que cette émotion donnera sur le plan politique, estime le chercheur Piotr Maciej Kaczynski, du CEPS, dans un entretien accordé à EURACTIV.com.
«Ces sentiments sont en train d’être remplacés, en ces jours d’émotion, par une certaine ouverture, et même, peut-être par le début d’une amitié. Maintenant, comment cela va-t-il se traduire en politique? C’est une question qui reste difficile.» Le chercheur estime notamment que les Russes ont «besoin» que se tienne un débat sur le stalinisme.
«Ce débat n’a pas eu lieu, note-t-il. Mais il doit avoir lieu, avant qu’une réelle réconciliation soit possible.» Il rappelle que la Russie n’a jamais présenté ses excuses à la Pologne pour le massacre de Katyn, qui coûta la vie à 20 000 officiers polonais en 1940. «Verrons-nous cela arriver à l’occasion des funérailles [du président polonais]? Ou le 9 mai? Ou à une autre occasion? », s’interroge-t-il. C’est en effet le 9 mai qu’est commémorée la capitulation des nazis et la victoire de la seconde guerre mondiale en Russie.
Pour le chercheur, l’amélioration des relations russo-polonaises changerait «le climat» des liens entre l’Union européenne et la Russie. «Mais cela ne changerait rien aux importantes différences de vues» entre les deux entités, juge-t-il. «Des problèmes ont déjà été réglés», rappelle-t-il par ailleurs, en soulignant par exemple que la Russie a à nouveau autorisé, en 2009, les bateaux polonais à transiter par la lagune de la Vistule, partagée par la Pologne et la Russie. «Ces « petites » choses que nous ne savons pas, ou dont nous entendons parler de temps en temps, doivent être résolues une par une.»
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