Les responsables européens se veulent rassurants sur les conséquences de la crise financière au sein de l’UE
Alors que la panique règne sur les marchés depuis deux jours, les responsables européens ont tenté de minimiser les conséquences de cette crise sur la croissance européenne. Au niveau du G7 comme de l’UE, les gouvernements européens cherchent en tout cas des instruments pour lutter contre cette instabilité financière.
Alors que la panique règne sur les marchés depuis deux jours, les responsables européens ont tenté de minimiser les conséquences de cette crise sur la croissance européenne. Au niveau du G7 comme de l’UE, les gouvernements européens cherchent en tout cas des instruments pour lutter contre cette instabilité financière.
Contexte :
Les craintes de la récession américaine ont provoqué, le 21 janvier, un « lundi noir » sur toutes les places financières, qui ont enregistré leur plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001. Le lendemain, la Réserve fédérale américaine a annoncé qu’elle baissait ses taux directeurs de 3/4 de point. De nouvelles pertes massives dans le secteur bancaire, conséquences de la crise des « subprimes », sont encore attendues.
L’ordre du jour de la réunion des ministres des finances de la zone euro, le jour même, a par conséquent été bouleversé. « Nous sommes tous inquiets. Nous suivons les événements de manière quotidienne et nous espérons que la situation n’est pas aussi mauvaise qu’elle en a l’air », a ainsi déclaré le ministre slovène des finances, Andrej Bajuk.
Enjeux :
Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a reconnu pour la première fois la gravité de la crise : « On ne peut plus totalement exclure qu’une récession ait lieu aux États-Unis et, si tel était le cas, qu’elle aurait immanquablement des conséquences sur l’économie de la zone euro ».
Les responsables de la zone euro se sont cependant voulu rassurants, soulignant que la situation américaine était différente de celle de l’Union européenne. M. Juncker s’est ainsi opposé à tout « pessimisme excessif » et a indiqué que « les fondamentaux européens sont très solides par rapport aux américains ». Le commissaire européen aux affaires monétaires, Joaquín Almunia, a admis que l’UE n’atteindrait pas ses prévisions de croissance, tout en soulignant que les résultats en seraient proches et seraient meilleurs qu’aux États-Unis.
La ministre de l’économie et des finances, Christine Lagarde, a réitéré sa prévision d’une croissance « dans le bas d’une fourchette de 2% à 2,25% » pour l’économie française, qualifiant la « purge » subie par le secteur financier américain de « mouvement sain et salubre ».
Même son de cloche chez les ministres des Finances réunis en Conseil Ecofin mardi 22 janvier. S’ils admettent craindre une récession aux États-Unis, celle-ci ne devrait, selon eux, pas avoir de conséquences en Europe. « En s’accumulant, les déficits des comptes courants et le déficit public américains sont à l’origine des nombreuses turbulences que nous traversons depuis l’été 2007. Ce n’est pas la seule raison mais c’est la principale », a indiqué à l’issue de la réunion le commissaire aux Affaires économiques et monétaire, Joaquín Almunia.
Au-delà de ces questions, les dirigeants européens discutent en ce moment des mesures nécessaires pour renforcer la stabilité des marchés financiers. Pour préparer une position commune au G7 Finances du 9 février à Tokyo, les ministres des finances de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Italie se sont ainsi réunis le 17 janvier à Paris et leurs chefs d’État et de gouvernement feront de même à Londres le 29 janvier.
« Nous voulons donner un signal clair, cohérent et concerté des pays européens du G7 », a ainsi déclaré Christine Lagarde. S’accordant notamment pour renforcer la coordination des régulateurs nationaux, les ministres ont affiché une certaine division sur le traitement des agences de notation. Italiens et Français se sont prononcés pour leur surveillance renforcée, Allemands et Britanniques contre en arguant qu’elles perdraient leur indépendance.
Ces réunions en petit comité des gouvernements européens du G7 ne plaisent pas à certains de leurs partenaires européens. « L’Europe n’est pas faite seulement pour les grands », a ainsi protesté le premier ministre belge, Guy Verhofstadt. La présidence slovène de l’UE a également fait observer qu’elle avait inscrit la stabilité financière parmi ses priorités et que tous les États membres étaient concernés. Pour tenter d’apaiser ces critiques, la France a obtenu que le président de la Commission, José Manuel Barroso, soit invité à la dernière minute au sommet de Londres du 29 janvier aux côtés de MM. Sarkozy, Brown, Prodi et de Mme Merkel.