Les Républicains lient la victoire des post-fascistes en Italie à l'immigration

Plusieurs responsables des Républicains ont lié à l'immigration la victoire du parti post-fasciste de Giorgia Meloni tout en regrettant lundi la prise de position de la Commission européenne en amont du scrutin.

Italian general election 2022
Giorgia Meloni, dimanche 25 septembre, jour de sa victoire. [<a href="https://webgate.epa.eu/webgate" target="_blank" rel="noopener">ETTORE FERRARI/EPA</a>]

Plusieurs responsables des Républicains ont lié à l’immigration la victoire, dimanche (25 septembre) en Italie, du parti post-fasciste de Giorgia Meloni, tout en regrettant lundi (26 septembre) la prise de position de la Commission européenne en amont du scrutin.

« La victoire de Giorgia Meloni en Italie est la conséquence des échecs de ses prédécesseurs notamment en matière migratoire », a affirmé le député des Alpes-maritimes Eric Ciotti.

Le très droitier candidat à la présidence de LR s’en est pris à la présidente de la Commission européenne, qui avait brandi avant le scrutin la menace de sanctions en cas d’atteintes aux principes démocratiques de l’Union européenne par l’Italie.

« Les déclarations belliqueuses et méprisantes pour la démocratie italienne sont inutiles, notamment celles de madame Von Der Leyen, qui ont constitué à la veille du scrutin, une véritable provocation », a estimé M. Ciotti.

La patronne des Républicains Annie Genevard a elle aussi estimé que « tous les démocrates sont tenus de respecter son choix, y compris la présidente de la Commission européenne ».

« En laissant dériver l’Italie sur le plan migratoire et économique, les gouvernements successifs ont abandonné le peuple italien aux populistes », a-t-elle ajouté.

Autre candidat à la tête de LR, le patron des sénateurs Bruno Retailleau a estimé sur Facebook que « comme les Suédois avant eux, les Italiens viennent d’envoyer un message clair à l’Union européenne : l’Europe ne peut plus être ce continent ouvert à tous les vents migratoires ».

« Seule une politique de civilisation, qui défend nos frontières, nos modes de vie mais aussi nos intérêts, permettra à l’Europe de répondre à l’angoisse existentielle des peuples européens », a-t-il ajouté, critiquant lui aussi « ceux qui, comme Madame Von der Leyen, agitent le bâton des sanctions européennes » et « ne rendent pas service aux valeurs démocratiques qu’ils défendent ».

Plus critique, le numéro 3 de LR Aurélien Pradié a regretté que « certains se disent que le seul avenir de la droite française est de devenir sous-fifre des agités ».

Fustigeant « la fascination morbide de ceux qui, chez nous, n’y croient plus », le député du Lot, candidat à la présidence du parti sur une ligne populaire et sociale, en a appelé à « l’exigence du gaullisme ».

Pour l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, « le vrai danger pour l’Europe ce n’est pas Giorgia Meloni, c’est que l’immigration illégale a explosé en Italie ». Mais « c’est une folie de faire croire que 25% des Italiens seraient fascistes », a-t-il ajouté.

Excluant l’idée d’une union avec l’extrême droite, il a estimé sur Sud Radio qu’« en France ce qui compte est de faire l’union de la droite, non pas en réunissant les partis, mais les électeurs ».

Pour le sénateur Stéphane Le Rudulier aussi, « le plus grand danger pour l’Europe n’est pas la victoire de certains partis mais l’explosion de l’immigration de masse extra-européenne ».

« On ne peut pas transposer le système italien ou suédois sur le système français », a nuancé sur Public Sénat Gilles Platret. « Je ne suis pas dans une logique d’union, il faut rebâtir une droite républicaine », a ajouté le très droitier maire LR de Chalon-sur-Saône.