Les régions riches n’ont "plus besoin" des fonds de cohésion, estime Le Maire

Selon le ministre, la politique agricole commune doit être dotée d’un «budget constant». Egalement en charge de la politique régionale européenne, il évoque l’avenir de la politique de cohésion.

EURACTIV.fr

Selon le ministre, la politique agricole commune doit être dotée d’un «budget constant». Egalement en charge de la politique régionale européenne, il évoque l’avenir de la politique de cohésion.

«Il faut gagner la bataille de la compétitivité.» A l’occasion de ses vœux à la presse, mercredi 26 janvier, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, s’est montré plutôt combatif. 

«Nous n’avons pas vocation à perdre année après année des parts de marché en Europe et dans le monde», a-t-il dit. Des propos qui rappellent ceux du président de la FNSEA, Xavier Beulin, qui affirme régulièrement que la France doit repasser en pôle position de l’Europe agricole.

Le ministre veut surtout que les agriculteurs français ne soient pas soumis à des contraintes plus lourdes que leurs concurrents européens. Bruno Le Maire a notamment promis d’étudier de nouvelles mesures pour alléger le coût du travail des salariés agricoles. Depuis janvier 2010, les travailleurs saisonniers sont déjà sujets à une exonération de charges, pour faire face à la concurrence allemande ou espagnole.

Volatilité « réelle » et « insupportable »

Sur le plan de l’environnement, il a affirmé qu’il veillerait «à ce qu’on ne rajoute pas des obligations nouvelles par rapport à ce qui a été arrêté lors du Grenelle de l’Environnement». Il faut aussi, selon lui, accentuer l’harmonisation des règles environnementales en Europe. Une proposition formulée notamment dans le rapport rendu par le délégué interministériel aux industries agroalimentaires, Philippe Rouaultau ministre, au mois d’octobre.

Revenant sur le scandale de la dioxine, qui a récemment frappé l’Allemagne, Bruno Le Maire a insisté sur la nécessaire «sécurité sanitaire». «On ne peut pas obtenir davantage de sécurité et ne pas maintenir les budgets [de la politique agricole commune]. C’est rigoureusement impossible», a-t-il affirmé. 

Bruno Le Maire n’est pas seulement en charge de la PAC. Il est aussi responsable de la mise en place de la politique régionale européenne en France. Interrogé par EURACTIV.fr, il a réfuté l’idée que ces deux politiques, qui représentent à elles seules 80% du budget européen, soient en compétition pour la prochaine négociation budgétaire. Selon lui, une fois arrivés « au même niveau moyen que les autres régions européennes», les territoires n’ont plus besoin des crédits européens (1’20).

Le ministre est également revenu sur la polémique entre Paris et Bruxelles au sujet du rôle de la spéculation dans la volatilité des prix alimentaires. A l’instar de Nicolas Sarkozy, lundi 24 janvier, Bruno Le Maire a ironisé : «Le débat ressemble un peu à celui autour du sexe des anges». Selon lui, la volatilité est à la fois «réelle» et «insupportable». «L’Europe a besoin de régulation des marchés», a-t-il ajouté.