Les promesses d’Ursula von der Leyen aux Verts sur l’agriculture durable

La présidente de la Commission européenne s’est engagée pendant les négociations avec les Verts/ALE la semaine dernière, à intégrer l’agriculture dans le Green Deal, tout en garantissant que les agriculteurs puissent bien gagner leur vie.

EURACTIV.com
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AGRI - Échange de vues avec le commissaire Wopke Hoekstra sur la contribution du secteur agricole aux objectifs de l'Union en matière de climat [Parlement européen]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est engagée pendant les négociations avec le groupe des Verts/ALE la semaine dernière à intégrer l’agriculture dans le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), tout en garantissant que les agriculteurs puissent gagner leur vie, a déclaré à Euractiv le coordinateur des Verts pour l’Agriculture, Thomas Waitz.

M. Waitz, agriculteur biologique, apiculteur et forestier, est eurodéputé et suppléant de la commission de l’Agriculture et du Développement rural (AGRI) depuis 2017. Réélu pour ce mandat, il a succédé à l’Allemand Martin Häusling au poste de coordinateur des Verts/ALE au sein de la commission AGRI, ce dernier ayant occupé ce rôle pendant les 15 dernières années.

Dans son discours devant l’hémicycle la semaine dernière, Ursula von der Leyen est restée vague sur ses projets en matière de développement durable pour le secteur agricole, indiquant que des précisions seraient apportées dans les 100 premiers jours du mandat de la nouvelle Commission européenne.

Thomas Waitz a cependant déclaré à Euractiv ce lundi (22 juillet) qu’il était « optimiste » quant aux projets agroalimentaires de la présidente de la Commission, étant donné qu’elle s’était engagée à adopter des politiques agricoles durables lors de discussions à huis clos avec les Verts, organisées dans le cadre de sa quête d’un second mandat.

Selon l’eurodéputé autrichien, Mme von der Leyen a reconnu que le secteur agricole avait été « épargné » par le Pacte vert et a exprimé sa volonté de « l’intégrer dans le processus de transition durable ».

Reporter la loi anti-déforestation, ce n’est pas « faire marche arrière »

La législature précédente s’est achevée sur une note amère, les Verts accusant la Commission dirigée par Ursula von der Leyen de faire marche arrière sur sa stratégie pour rendre le secteur agroalimentaire plus durable, la stratégie dite « de la ferme à la table ».

Le groupe écologiste a également dénoncé l’assouplissement des nouvelles règles environnementales de la politique agricole commune (PAC).

Toutefois, M. Waitz a rejeté les préoccupations selon lesquelles Mme von der Leyen pourrait revenir sur d’autres politiques environnementales, en particulier le règlement européen relatif à la lutte contre la déforestation (EUDR) — alors que la pression exercée par les gouvernements de l’UE et les partenaires commerciaux s’accroît pour retarder sa mise en œuvre, prévue pour 2025.

Pour l’eurodéputé autrichien, un « certain retard » dans l’application des règles ne signifierait pas un retour en arrière sur la législation.

Il a notamment souligné que les administrations nationales et les entreprises restent dans l’incertitude quant à sa mise en œuvre, puisque la Commission doit encore publier les documents d’orientation finaux et une évaluation comparative des États membres de l’UE et de l’étranger en termes de risque de déforestation.

Il n’a pas non plus soutenu le point de vue du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, qui préconise de retarder et de revenir sur la proposition, et a déclaré que sa « première option » consisterait à maintenir le calendrier actuel.

« Quelques mois de retard pour donner aux entreprises un peu plus de temps pour la mettre en œuvre… c’est une chose que je peux comprendre », a confié M. Waitz.

Une rémunération équitable

A l’instar du discours prononcé par Mme von der Leyen la semaine dernière, M. Waitz a également souligné la nécessité de revaloriser la rémunération des agriculteurs.

« Nous devons trouver un équilibre entre une agriculture plus respectueuse du climat et de l’environnement et la garantie d’une rémunération correcte pour les agriculteurs », a ajouté l’agriculteur autrichien.

Il a insisté sur l’importance d’examiner « l’énorme impact » des industries agroalimentaires et des détaillants sur les prix qui revient finalement dans les poches des producteurs de l’UE.

« Nous devons également nous pencher sur le rôle des accords de libre-échange et nous assurer que les règles du jeu sont les mêmes pour tous, sur la base de normes comparables », a-t-il indiqué.

[Édité par Anna Martino]