Les professionnels de l’énergie solaire contre-attaquent

Selon une étude du Syndicat des énergies solaires, faire peser l’intégralité du coût de raccordement sur le producteur serait perçu comme "une attaque en règle contre le développement de la filière photovoltaïque française".

EURACTIV.fr

Selon une étude du Syndicat des énergies solaires, faire peser l’intégralité du coût de raccordement sur le producteur serait perçu comme « une attaque en règle contre le développement de la filière photovoltaïque française ».

Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) a publié fin septembre une étude sur les enjeux du développement de l’énergie photovoltaïque en France. L’objectif principal de ce rapport est de dresser un bilan complet sur les coûts et les aménagements techniques liés au raccordement de l’électricité photovoltaïque sur les réseaux publics. Mais il s’agit surtout pour le SER de répondre aux propos de la présidente du groupe Electricité Réseau Distribution (ERDF) Michèle Bellon sur le coût de raccordement de l’électricité. 

Actuellement ces coûts sont couverts par les gestionnaires de réseaux via le tarif d’utilisation des réseaux publics d’énergie (TURPE) et les « demandeurs », c’est-à-dire les consommateurs demandant un raccord de leur installation solaire au réseau public. Cet été Michèle Bellon a indiqué que les coûts de raccordement au réseau pour distribuer l’énergie photovoltaïque nécessiteraient un investissement de 10,2 milliards d’euros d’ERDF pour la période 2010 à 2020 (soit environ 1000 millions d’euros par an).

Or les résultats de l’enquête menée par le SER montrent que les « demandeurs » assument 60% du prix des raccords. « Les coûts de raccordement et de développement à charge des gestionnaires de réseaux et financés dans le cadre du TURPE sont évalués entre 70 et 140 millions d’euros par an », indique le texte. ERDF demandait à ce que ceux-ci soient pris en charge par les producteurs. Cependant, dans un contexte peu favorable aux énergies solaires (baisse du tarif d’achat de l’électricité solaire, diminution du crédit d’impôt), « faire peser l’intégralité du coût de raccordement sur le producteur serait perçu comme une attaque en règle contre le développement de la filière photovoltaïque française », affirme le SER. Sans compter que la prise en charge des coûts de raccordement par les producteurs aura elle aussi une répercussion directe sur le prix payé par les particuliers.

Les aspects techniques

ERDF met aussi en cause des aspects plus technique comme les risques de black-out qui pourraient résulter d’un trop grand nombre de connexion de l’électricité photovoltaïques sur le réseau public d’énergie. Pour le SER ces arguments ne sont pas valables. Les raccordements sur des lignes basse tension (BT) pourraient, au contraire, présenter de nouveaux avantages pour les gestionnaires de réseaux comme par exemple une « diminution des transits au niveau des départs ». Le rapport précise ainsi : « Les éventuelles situations de contraintes de tension, limitées à des configurations particulières, ne risquent pas de provoquer de black-out ».

Selon les conclusions de cette étude, le syndicat encourage à continuer les travaux menés sur le raccordement photovoltaïque. La nécessité d’établir une expertise française sur le sujet est mise en avant, afin notamment de pallier les « carences du cadre réglementaire et technique ». Expertise qui demande aussi, toujours selon le SER, une plus grande transparence des activités menées par ERDF dans ce secteur.