Les prochaines sanctions de l'UE contre la Russie viseront les importations de charbon et les transports maritime et routier
La Commission européenne a proposé un ensemble de nouvelles sanctions radicales à l’encontre de la Russie, notamment l’interdiction des importations de charbon, dans le cadre d’une première tentative visant à réduire les exportations énergétiques de la Russie.
La Commission européenne a proposé, mardi 5 avril, un ensemble de nouvelles sanctions radicales à l’encontre de la Russie, notamment l’interdiction des importations de charbon, dans le cadre d’une première tentative visant à réduire les exportations énergétiques de la Russie.
Cette proposition, qui sera examinée par les ambassadeurs des États membres de l’UE lors d’une réunion prévue mercredi, intervient dans un contexte d’appels à la réduction de la consommation d’énergie russe, par crainte que celle-ci ne finance l’invasion en cours de l’Ukraine.
« Nous devons maintenir une pression maximale à ce stade critique », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en annonçant la proposition concernant la cinquième série de sanctions.
Selon les estimations de la Commission européenne, l’interdiction du charbon frapperait les caisses russes à hauteur de 4 milliards d’euros par an.
L’exécutif européen avait proposé une telle interdiction en janvier, mais celle-ci s’était heurtée à la résistance de l’Allemagne, le pays de l’UE le plus dépendant du charbon russe.
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L’UE a déjà approuvé quatre séries de sanctions, dont le gel des avoirs de la banque centrale russe, avec de nouvelles mesures destinées à paralyser davantage le commerce avec la Russie.
« Les quatre volets de sanctions ont frappé fort et limité les options politiques et économiques du Kremlin. Nous constatons des résultats tangibles, mais il est clair, au vu des événements, que nous devons encore accroître notre pression », a déclaré Mme von der Leyen.
« Nous les élargirons et les rendrons plus pointues afin qu’elles entament encore plus profondément l’économie russe », a-t-elle ajouté.
Selon la nouvelle proposition, ce cinquième volet empêchera les navires et les camions russes d’accéder à l’UE, des exceptions étant prévues pour le pétrole, le gaz, les denrées alimentaires et les médicaments.
Toutefois, les fonctionnaires de l’UE ont souligné à plusieurs reprises les difficultés d’application des sanctions, comme dans le cas présent où il peut être difficile d’identifier l’origine d’un cargo.
Cette partie de la proposition prévoit également d’interdire les transporteurs routiers russes et biélorusses, ce qui vise à « limiter considérablement les possibilités pour l’industrie russe de se procurer des biens essentiels. »
La proposition prévoit également d’interdire les exportations de technologies vers la Russie, d’une valeur de 10 milliards d’euros par an, notamment les calculateurs quantiques et les semi-conducteurs de pointe, la technologie du gaz naturel liquéfié ainsi que d’autres équipements électriques et de transport.
Outre toutes les sanctions existantes visant le secteur financier, l’UE interdirait également toute transaction avec la banque VTB et trois banques russes qui ont déjà été exclues du réseau SWIFT.
Les quatre banques, qui sont désormais coupées des marchés, représentent 23 % de la part de marché du secteur bancaire russe.
L’interdiction d’importer du bois, du ciment, du caoutchouc et des produits chimiques de Russie, ainsi que des denrées alimentaires haut de gamme comme le caviar et des spiritueux comme la vodka figurent également sur la liste, ce qui représenterait environ 5 milliards d’euros par an.
Elle interdit également la participation d’entreprises russes à des marchés publics de l’UE et inclura d’autres listes d’individus, dont des oligarques et des hommes politiques, sur la liste des sanctions de l’UE.
« Nous travaillons sur des sanctions supplémentaires, notamment sur les importations de pétrole, et nous réfléchissons à certaines idées présentées par les États membres, comme des taxes ou des canaux de paiement spécifiques tels qu’un compte fiduciaire », a déclaré Mme Von der Leyen.
Selon des diplomates européens, les importations de pétrole pourraient faire partie d’un sixième volet de sanctions, dont la préparation de la base pourrait également avoir lieu mercredi, lorsque les ambassadeurs des États membres de l’UE se réuniront pour discuter de la proposition actuelle.