Les prévisions de déficit public français devraient être "légèrement" en hausse
Le déficit public français devrait être supérieur aux prévisions, selon Christine Lagarde, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse mercredi 26 mars. Saisissant l’occasion de présenter sa nouvelle équipe, la ministre de l’Économie est également revenue sur les dossiers qu’elle compte pousser pendant la Présidence française de l’UE, qui commence le 1er juillet.
Le déficit public français devrait être supérieur aux prévisions, selon Christine Lagarde, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse mercredi 26 mars. Saisissant l’occasion de présenter sa nouvelle équipe, la ministre de l’Économie est également revenue sur les dossiers qu’elle compte pousser pendant la Présidence française de l’UE, qui commence le 1er juillet.
Malgré une croissance en baisse et un déficit qui devrait être « légèrement » en hausse, l’optimisme était de rigueur, mercredi 26 mars à Bercy. S’exprimant devant un parterre de journalistes et en présence de sa nouvelle équipe, composée de cinq secrétaires d’État, dont deux nouveaux (Anne-Marie Idrac au Commerce extérieur et Laurent Wauquiez à l’Emploi), Christine Lagarde s’est toutefois bien gardé d’anticiper sur les chiffres exacts du déficit, qui devraient être annoncés vendredi prochain.
Si les partenaires européens de la France ont maintes fois critiqué l’Hexagone pour non-respect du pacte de stabilité et de croissance, Christine Lagarde s’est en outre plu à rappeler que les réformes françaises qui avaient été « demandées » par nos partenaires européens ont été « saluées ».
Evoquant à nouveau 2012, date à laquelle la France devrait respecter les termes du Pacte européen de stabilité et de croissance, et non plus 2010, comme cela avait été promis à l’origine par la France, Christine Lagarde n’a toutefois pas annoncé de plan de rigueur. « La gaffeuse est sortie de la pièce », a-t-elle d’ailleurs lancé ironiquement à un journaliste qui l’interrogeait sur cette question, allusion à ses précédentes sorties sur le sujet, qui avait été moyennement appréciées par l’Elysée.
Evoquant la crise internationale et son impact sur la croissance mondiale, la ministre de l’Économie a par ailleurs indiqué que « l’économie française résistait plutôt mieux que ses partenaires de la zone euro ». « L’euro fort nous a protégé », a-t-elle ajouté, en précisant que, d’après les évaluations des experts de Bercy, si l’euro était à 1 dollar aujourd’hui, le litre de super sans plomb 95 serait à 1,65 euro au lieu des 1,35 actuels.
Parmi les grands projets du ministère figure la loi sur la modernisation de l’économie, qui doit être présentée au Parlement au Printemps. Très attendue par Bruxelles, la libéralisation du livret A en fera partie. Toutes les banques pourront désormais proposer ce produit bancaire. La Commission européenne avait condamné la France pour non-respect de la concurrence, le Livret A étant jusqu’à présent réservé à un nombre restreint de banques. (Lire EURACTIV.fr 03/03/08)
Programme pour la Présidence française de l’UE
A trois mois du début de la Présidence française de l’UE (PFUE), Christine Lagarde a également fait le point sur les projets de son ministère pour le deuxième semestre 2008. Emploi, compétitivité, finances, commerce extérieur, « à nous cinq, nous ne présiderons pas moins de 15 conseils des ministres européens », a-t-elle souligné.
La crise internationale devrait peser fortement sur le travail de la PFUE (Lire EURACTIV.fr 20/03/08). Rappelant que la France avait été l’une des premières à faire des propositions, pour tenter de minimiser les effets de la crise, lors du G7 du mois d’octobre, Christine Lagarde a indiqué que la Présidence française serait le temps de la mise en œuvre de ces propositions : renforcer la transparence sur les produits structurés, durcir les règles applicables aux agences de notation, réformer les règles bancaires internationales en matière de gestion de la liquidité et faire appel à la régulation des entités qui distribuent du crédit aux États-Unis.
Pour ce faire, l’UE devrait réviser la directive sur la transparence bancaire. « Il faut améliorer la transparence sur les engagements hors-bilan et sur les activités de titrisation et mieux gérer les risques de liquidité », a déclaré Christine Lagarde.
Mais c’est surtout sur la nécessité de réviser le système de supervision financière qu’a insisté la ministre. « Nous devons mettre en œuvre une coordination au niveau européen », a-t-elle déclaré, en précisant que ce serait, quoi qu’il en soit, la position défendue par la France. L’idée de mettre en place un régulateur au niveau européen n’est donc pas du goût de Paris.
Parmi les autres dossiers chauds du ministère pour la PFUE, la création d’un Small Business Act (SBA) occupe déjà le secrétaire d’État chargé des Entreprises, Hervé Novelli. La consultation lancée par la Commission européenne sur ce sujet devrait être close le 31 mars prochain, tandis que la France travaille à des propositions à la suite du rapport publié par Lionel Stoleru au mois de décembre dernier (Lire EURACTIV.fr 7/12/07). Le commissaire aux Entreprises, Günter Verheugen, qui sera en visite à Paris dans les semaines à venir, devrait formuler des propositions pour la mise en place d’un SBA à l’européenne le 15 juin prochain.
Convaincre l’Allemagne d’accepter la mise en place tant attendue de la TVA à 5,5% pour les restaurateurs et faire acter par nos partenaires européens une TVA réduite sur les produits verts devraient enfin occuper Bercy au deuxième semestre de l’année 2008.