Les portes de l'OMC s'ouvrent à la Russie

La Russie devrait rejoindre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'ici la mi-décembre, 18 ans après avoir introduit sa candidature. Le dernier obstacle à son adhésion a été levé hier (3 novembre) lorsque la Géorgie, qui s'est opposée à la Russie lors d'une guerre de courte durée en août 2008, a retiré son veto sur l'adhésion de son voisin.  

EURACTIV.com
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La Russie devrait rejoindre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'ici la mi-décembre, 18 ans après avoir introduit sa candidature. Le dernier obstacle à son adhésion a été levé hier (3 novembre) lorsque la Géorgie, qui s'est opposée à la Russie lors d'une guerre de courte durée en août 2008, a retiré son veto sur l'adhésion de son voisin.
 

La Russie est prête à trouver une solution de compromis pour son adhésion à l'OMC, a déclaré à la presse le président Dmitri Medvedev, en marge du sommet du G20 à Cannes.

M. Medvedev n'a pas donné davantage de précisions, mais il a affirmé que son pays était disposé à reprendre « certains des compromis » élaborés avec l'aide de la Suisse.

La Suisse avait joué le rôle d'intermédiaire entre la Russie et la Géorgie lors des premières négociations d'entrée à l'OMC. Cependant, Tbilissi s'était retirée des négociations en 2008, suite au conflit territorial qui l'a brièvement opposée à la Russie.

Mercredi, la Russie et la Géorgie ont convenu d'un accord sur le contrôle des marchandises en circulation aux frontières de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, le dernier obstacle qui empêchait la Russie de joindre l'OMC.

Le vice-ministre géorgien des affaires étrangères, Sergi Kapanadze, dont le pays avait rompu les négociations diplomatiques avec la Russie, a déclaré à l'agence de presse Interfax : « L'affaire devrait être conclue… d'ici au 10 novembre. »

C'est à cette date que se réunira un groupe de travail de l'OMC chargé d'élaborer le document final qui sera présenté aux ministres du commerce lors de leur réunion à Genève le 15 décembre.

Selon le site Internet Civil Georgia, le président Mikheïl Saakashvili aurait déclaré jeudi que l'accord sur l'OMC avec la Russie était une « victoire diplomatique » car, pour la première fois depuis qu'elle a perdu le contrôle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud dans les années 1990, Tbilissi pourrait enfin accéder à des informations sur les mouvements de marchandises qui ont lieu au niveau de ces frontières.

L'accord entre la Russie et la Géorgie prévoit qu'une entreprise privée engagée par la Suisse, en sa qualité de médiatrice, soit chargée de contrôler le commerce aux points de passage de ces trois frontières — deux d'entre eux sont situés en Abkhazie et en Ossétie du Sud, alors que le troisième est situé entre Zemo Larsi et Kazbegi, une section non problématique de la frontière russo-géorgienne. [Plus de détails]

Selon M. Saakashvili, le gouvernement pourrait obtenir des informations sur les marchandises à destination de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud pour la première fois en près de 20 ans. Le Moscow Times a publié un article détaillé sur la manière dont l'adhésion du pays à l'OMC affectera les secteurs les plus importants de l'économie russe [Plus de détails].

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sont une source de tension entre la Russie et la Géorgie depuis la chute de l'Union soviétique en 1991.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué l'annonce d'un accord ouvrant la voie l'adhésion de la Russie à l'OMC. « La Russie est le troisième partenaire commercial de l'UE et représente un marché très important pour les exportateurs et les investisseurs de l'Union. L'adhésion de la Russie à l'OMC pourrait apporter un changement qualitatif réel au régime actuel des échanges commerciaux », a affirmé M. Barroso.

M. Barroso a applaudi la « flexibilité dont la Géorgie et la Russie ont fait preuve » pour trouver un compromis. Il a également encouragé les deux parties à surmonter les derniers détails techniques nécessaires pour officialiser l'accord.

M. Barroso a également apprécié « le dur labeur, la persévérance et la créativité de la Suisse dans son effort de médiation entre les parties ».