Les PME, moteurs des exportations européennes

De plus en plus d'aide et de conseils sont fournis aux entreprises européennes qui souhaitent vendre leur biens et services dans les pays émergents tels que la Chine et l'Inde où les énergies renouvelables et les technologies vertes sont considérées comme des secteurs en pleine croissance.

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De plus en plus d'aide et de conseils sont fournis aux entreprises européennes qui souhaitent vendre leur biens et services dans les pays émergents tels que la Chine et l'Inde où les énergies renouvelables et les technologies vertes sont considérées comme des secteurs en pleine croissance.

Encourager les entreprises européennes à la croissance en étendant leurs activités est considéré comme vital pour le succès de la stratégie Europe 2020 adoptée par les dirigeants de l'UE l'année dernière qui a pour objectif de promouvoir « une croissance intelligente, durable et inclusive ».

Dans le cadre de cette stratégie, l'Union européenne cherche à apporter un soutien aux entreprises, et en particulier aux petites et moyennes entreprises (PME) qui sont intéressées par le développement d'activités commerciales sur des marchés en pleine croissances comme le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et la Corée du sud (les « BRICK »).

Antonio Tajani, le commissaire européen chargé de l'industrie et de l'entreprenariat, a récemment mis en exergue la nécessité de l'aide apportée aux PME européennes qui souhaitent opérer en Chine et en Inde en particulier.

« Les PME internationalement actives produisent de meilleurs résultats », a déclaré M. Tajani, laissant entendre que les PME opérant à l'international étaient capables de s'élargir et de générer de l'emploi plus rapidement que celles qui ne travaillent que sur leur propre marché national.

« Etablir des centres d'affaires en Chine et en Inde est donc extrêmement bénéfique pour les entreprises car là-bas, elle peuvent trouver un soutien important qui leur permet de renforcer leur compétitivité et de devenir plus durables », a ajouté le commissaire.

La Commission est en train de préparer des propositions pour une stratégie européenne visant à soutenir les PME sur les marchés internationaux qui devrait être publiée à la fin de cette année.

Aide spéciale pour les PME européennes en Chine

Les petites entreprises qui souhaitent développer leurs activités en Chine peuvent recevoir de l'aide du Centre européen de soutien aux PME européennes basé à Pékin qui a été créé à la fin de l'année dernière. Il fournit des informations, des conseils et des formations pour les entreprises de l'UE qui veulent exporter ou investir dans le marché chinois.

Fondé par la Commission européennes, le « Centre pour les PME de l'UE » aide les PME européennes à établir leurs activités en Chine en fournissant des informations et une assistance pour les formulaires d'enregistrement, les contrats d'embauche et les certificats concernant les normes techniques.

S'agissant de l'Inde, l'Union européenne adopte une approche différente en fondant le Centre européen pour les affaires et les technologies (EBTC) en partenariat avec Eurochambres, l'association européenne des chambres du commerce et de l'industrie.

L'EBTC, qui a débuté ses opérations à Delhi il y a trois ans et dispose aujourd'hui de trois bureaux supplémentaires (Bombay, Bangalore et Calcutta), aide les entreprises européennes à identifier les opportunités, à communiquer avec les autorités indiennes, à trouver des partenaires et à monter des projets.

Amener les technologies vertes en Inde

Selon Poul V. Jensen, directeur de l'EBTC, le centre se concentre sur quatre secteurs : la biotechnologie, l'énergie, l'environnement et les transports. Il a déclaré que le secteur le plus important était sans doute l'énergie solaire.

Développer une coopération entre les entreprises européennes et indiennes est considéré comme un moyen de transférer les nouvelles technologies, l'expertise et le savoir-faire dans ces domaines, ce qui est crucial pour limiter les émissions de CO2 dans le contexte des efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique.

« On reconnaît que beaucoup de ces technologies vont de paire avec les PME qui  peuvent rencontrer un peu plus de difficultés que les multinationales lorsqu'elles entrent sur un marché tel que l'Inde », a expliqué M. Jensen.

M. Jensen précise que ces secteurs d'avenir pourraient être financièrement intéressants pour les entreprises européennes car les indices de croissance dans certains segments du marché sont beaucoup plus élevés que ceux de l'UE, ou même d'autres secteurs de l'économie indienne.

Croissance massive des importations en provenance de la Chine

Si l'on regarde le commerce des biens et des services, l'Union européenne importe plus de la Chine que de n'importe quel autre pays dans le monde (environ 295 milliards d'euros par an). Toutefois, le volume total des exportations de l'UE vers la Chine représente moins de la moitié de ce montant (environ 130 milliards d'euros par an). Le déficit commercial de l'UE avec la Chine s'élève à près de 160 milliards d'euros chaque année, ce qui représente plus du double du déficit avec la Russie et le Japon rassemblés.

Selon les dernières données d'Eurostat, les exportations de biens de l'Union européenne vers la Chine ont augmenté de 37 % l'année dernière, de 82 à 113 milliards d'euros, alors que les importations de biens en provenance de la Chine vers l'UE ont enregistré une hausse de 32 %, de 214 à 282 milliards d'euros.

Dans le même temps, le commerce de l'Union européenne avec l'Inde est beaucoup plus équilibré. L'UE exporte actuellement plus de biens et de services vers l'Inde (environ 43 milliards d'euros par an) que l'Inde vers l'UE (quelques 40 milliards par an). Le volume du commerce de biens entre l'Inde et l'UE a augmenté de 28 % entre 2009 et 2010.

L'Inde est actuellement le sixième partenaire commercial de l'UE après les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la Turquie et le Japon. Le Brésil, la Corée du Sud, le Canada et Taiwan continuent la liste.

La plupart des Européens sont déranges par la croissance chinoise

Les Européens s'inquiètent de plus en plus de la croissance du pouvoir économique de la Chine, selon les résultats d'un sondage publié cette semaine (27 mars) par BBC World.

Ce sondage révèle que 57 % des Italiens ont une perception négative du pouvoir économique croissant de la Chine (comparé à 47 % lorsque la même question avait été posée en 2005).

La plupart des Européens pensent aussi que la Chine n'est pas juste dans sa manière de commercer avec les autres pays. Un majorité de la population en France (59 %), en Allemagne (56 %) et en Italie (51 %) sont de cet avis, selon les résultats de l'étude qui a été réalisée dans 27 pays par Globescan/PIPA.

Les Britanniques semblent moins inquiets de la résurgence de la Chine, seulement 41 % d’entre eux voient cette croissance comme quelque chose de négatif, même si ce chiffre est en nette augmentation par rapport aux 34 % de 2005. Dans le même temps, 44 % des Britanniques pensent que les pratiques commerciales chinoises sont déloyales.

Doug Miller, président de GlobeScan a commenté : « Le miracle économique de la Chine est plus controversé aujourd'hui qu'en 2005. Ravagé par la Grande Récession, les citoyens des pays du G7 sont peut-être moins sûrs de la manière dont ils pourront être en compétition avec la Chine, si présente aujourd'hui dans leur vie économique ».