Les PME anéantissent le plan de formation UE-Chine [FR]

Un projet de 23 millions d’euros créé pour aider les PME européennes à faire des affaires en Chine est sous le feu des critiques pour avoir dépensé trop d’argent sur trop peu de personnes.

china_consumerism_02.jpg
china_consumerism_02.jpg

Un projet de 23 millions d’euros créé pour aider les PME européennes à faire des affaires en Chine est sous le feu des critiques pour avoir dépensé trop d’argent sur trop peu de personnes.

Un important groupe de lobby de PME a dit que le « Managers Exchange Training Programme » (METP), qui mobilise plus de 100 hommes d’affaire européens en Chine pour une année d’échange culturel et linguistique, est un moyen inutile de dépenser l’argent public.

Luc Hendrickx, directeur des relations extérieures du groupe de lobby UEAPME (Union Européenne de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises), a estimé que les fonds pourraient être utilisés à des meilleures fins en engageant des formateurs dans les entreprises, qui pourraient ainsi partager leurs connaissances avec leurs membres à travers l’UE.

S’exprimant lors du lancement du cinquième appel à candidature au METP, il a fait remarquer que l’argent public était limité et que les besoins devaient être mieux définis. Ce programme est fait pour les privilégiés, je suis ravi pour ceux qui peuvent en bénéficier mais on ne peut pas prétendre qu’il est fait pour les PME, a-t-il dit.

Le programme, qui a débuté en 2007 et a été prolongé jusqu’à 2011 au moins, finance des cours intensifs de 7 mois dans une université/école de commerce chinoise, des déplacements réguliers dans les principaux centres industriels chinois, et donne aux participants 1 000 euros par mois pour couvrir leurs dépenses quotidiennes.

Pour le moment, environ 320 hommes d’affaires Européens et 200 Chinois ont participé à ce programme d’échange. Les participants chinois sont partis à Manchester, Paris et Bruxelles, et sont payés 1650 euros par mois.

Ce programme est un programme formel intergouvernemental, et l’UE y contribue à hauteur de 17 millions d’euros, alors que Chine donne 6 millions.

Les européens qui ont pris part au METP ont dit que le programme leur avait été largement bénéfique et les avait aidé à comprendre les coutumes chinoises et à développer d’excellents contacts professionnels.

Le programme est spécialement conçu pour  les PME qui n’ont pas accès aux types de soutien auxquels peuvent prétendre les grandes multinationales.

Le programme ne correspond pas aux objectifs

Cependant, M. Hendrickx a dit que même si les objectifs du projet étaient admirables, la plupart des PME ne pouvaient pas bénéficier de ce financement.

Pour être honnête, si vous me demandez si c’est vraiment intéressant pour les PME, je serai obligé de répondre que non, vraiment pas, a-t-il confié. La PME moyenne ne peut pas se permettre d’envoyer un employé en Chine pour un an, a-t-il dit, ajoutant qu’un déplacement de trois semaines accompagné d’une formation linguistique à temps partielle seraient suffisants pour la plupart des entreprises.

Il a souligné qu’une petite entreprise a en moyenne 6 employés, et la plupart se sont aperçues qu’elles pouvaient travailler avec la Chine en utilisant l’anglais ou en utilisant les services d’un traducteur.

La plupart des PME ne vont pas installer une filiale en Chine, d’après M. Hendrickx, mais elles ont besoin d’informations pratiques sur des questions législatives telles que la protection de leur propriété intellectuelle.

Franz Jessen, qui préside le Bureau de représentation de la Commission en Chine, a défendu le programme, déclarant que la Commission européenne avait établie le METP en fonction des expériences connues sur le terrain.

Ce n’est pas quelque chose que nous avons imaginé de façon impromptue, nous avons fondé le programme sur des années d’expérience, a-t-il dit, mettant en avant le travail de la Commission en Chine depuis les années 1980.

Il a estimé qu’il était impossible de répondre à tous les besoins des PME étant donné le peu de ressources disponibles, mais a ajouté que les participants sentaient que cela avait été bénéfique. 

Je me rends compte que pour les PME cela peut s’avérer coûteux, c’est pourquoi nous proposons une bourse pour couvrir leurs dépenses, a dit M. Jessen.

Stefan Hell, qui dirige le projet à Pékin, a dit que le programme de formation traitait les questions législatives, y compris le propriété intellectuelle, et a ajouté que l’UE avait un service d’assistance pour les droits de propriété intellectuelle qui a pour but d’aider les entreprises européennes concernant le système de réglementation des brevets chinois.

Les dirigeants européens et chinois se sont mis d’accord plus tôt cette année sur l’ouverture d’un centre européen des PME à Pékin, bien que le contrat pour diriger le bureau doive toujours être attribué. Il servira de point de contact pour les entreprises européennes qui travaillent en Chine ou avec des partenaires chinois.

Conditions d’âge et de diplômes requises

Le METP est ouvert aux dirigeants de PME européennes et aux entrepreneurs âgés de 26 à 40 ans, qui ont au moins deux ans d’expérience en gestion. Ils doivent également avoir une bonne formation universitaire et une idée commerciale convaincante.

Les conditions d’âge et de diplômes ont été critiquées par certaines parties intéressées, en particulier en raison des nombreux entrepreneurs qui se sont lancés seuls et n’ont pas nécessairement de hauts diplômes.

M. Hell a dit que les « business plans », qui sont évaluées par un panel d’experts, sont les éléments clés des critères de sélection, et que le programme est ouvert à toutes les industries. 

La date limite de candidature pour la cinquième session du METP est fixée au 5 janvier 2012.