Les plages françaises menacées de dégradation

20% des plages françaises pourraient être rayées de la liste des sites considérés comme propres par la Commission européenne d’ici à 2015, selon un récent rapport. Pour éviter de mauvais résultats et une mise aux normes européennes, la France aurait déjà radié certains sites de ses listes.

20% des plages françaises pourraient être rayées de la liste des sites considérés comme propres par la Commission européenne d’ici à 2015, selon un récent rapport. Pour éviter de mauvais résultats et une mise aux normes européennes, la France aurait déjà radié certains sites de ses listes.

En bref  :

La France doit veiller à ce que ses plages ne se dégradent pas, a alerté la Surfrider Foundation Europe dans un récent rapport. Selon l’association internationale de protection des océans, l’application de la nouvelle directive concernant la qualité des eaux de baignade entraînera, en 2015, le déclassement de 20% des sites français (sur les 1501 que compte la synthèse).

« Si les autorités n’agissent pas dès aujourd’hui pour améliorer la qualité des eaux, de nombreuses plages risquent d’être purement et simplement interdites à la baignade » indique la Fondation.

Un rapport de la Commission européenne publié fin mai 2007 relève que la grande majorité des sites de baignades de l’Union européenne sont aux normes  : 96% des zones littorales et 89% pour les sites aménagés dans les rivières ou les lacs.

Bruxelles se méfie pourtant de ces résultats officiels. Une procédure judiciaire a en effet été lancée par la Commission, en avril 2006, à l’encontre de 11 États membres, dont la France.  

La Commission soupçonne certains pays de radier de la liste les sites non conformes. 88 sites côtiers et 166 sites intérieurs auraient été supprimés des fichiers contrôlés cette année. Le commissaire européen chargé de l’environnement, Stavros Dimas,  s’est dit « préoccupé par le nombre de plages rayées de la liste ».

La directive qui régit les eaux de baignades date de 1975. Elle se base sur 19 mesures, devenues obsolètes avec le temps.

Une mise à jour prenant en compte les avancées scientifiques a donc eu lieu en 2001. L’accent a été mis sur les matières fécales et les produits menaçant la santé présents dans l’eau.

Aujourd’hui, un baigneur a en moyenne 12% de risques d’être atteint de maladies digestives ou respiratoires après une baignade en France. Le respect des nouvelles normes plus strictes abaisserait ce risque à 7,5%.

Cette nouvelle directive ne sera applicable qu’en 2015. A cette date, les sites classés « bons » ne seront plus que 215 au lieu de 439, selon l’étude de la Fondation. Quant aux eaux de qualité « suffisante », les effectifs feront un bond, passant de 50 à plus de 170. La progression la plus forte sera pour les zones interdites, qui devraient passer de 7 à 33.