Les petites entreprises déçues par le budget britannique [FR]

Les PME n’ont guère été impressionnées par le nouveau budget du Royaume-Uni, dévoilé hier (22 avril) à Londres, malgré le lancement d’un nouveau projet de création d’emploi doté de 250 millions de livres, d’un projet d’assurance-crédit et de réformes du secteur bancaire.

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Les PME n’ont guère été impressionnées par le nouveau budget du Royaume-Uni, dévoilé hier (22 avril) à Londres, malgré le lancement d’un nouveau projet de création d’emploi doté de 250 millions de livres, d’un projet d’assurance-crédit et de réformes du secteur bancaire.

Le chancelier de l’Echiquier britannique, Alistair Darling, a fortement mis l’accent sur la création d’emploi, allouant 2 milliards de livres à l’aide aux chômeurs de moins de 25 ans. Il a également augmenté l’imposition des revenus supérieurs à 150 000 livres à 50 %, a annoncé l’allocation d’un milliard de livre à la stimulation du marché immobilier, ainsi que l’augmentation des taxes sur les carburants, la bière et les cigarettes. 

Sa prédiction selon laquelle l’économie serait en recul de 3,5 % a entraîné la chute libre  de la livre britannique, bien qu’il se soit montré optimiste, déclarant que la croissance reprendrait dès cette année. 

Toutefois, la Federation of Small Businesses (FSB) s’est plainte du fait que le budget avait ignoré la détresse des PME. Accueillant prudemment le fait que le chancelier se concentre sur l’emploi, la FSB a indiqué qu’il fallait davantage lutter contre les retards de paiement des entreprises privées et a appelé à ce que les entreprises qui ne payaient pas en temps utile soient clairement dénoncées.

Le budget intervient alors que la Commission européenne commence à mettre en œuvre le Small Business Act, notamment la révision de la directive concernant la lutte contre le retard de paiements, qui incite les organismes publics à régler leurs factures dans un délai de 30 jours (EURACTIV 9/4/09). 

En outre, les PME britanniques souhaitent la création d’un médiateur indépendant des sociétés, afin de faciliter le dialogue entre les banques et les petites entreprises en vue de stimuler le flux de crédit vers les entreprises. Des observateurs estiment qu’un quart des faillites d’entreprises britanniques sont dues à des retards de paiement. 

John Wright, président national de la FSB, a déclaré que les mesures de création d’emploi pour les jeunes sont les bienvenues, mais a exprimé sa déception quant au fait que rien n’a été fait pour soutenir les entreprises luttant pour conserver leurs employés.

Une subvention financée par le gouvernement pour le salaire des employés de court terme aurait constitué une véritable aide, mais n’a pas du tout été prise en considération, a-t-il déploré.

Le budget a également été pris sous le feu des critiques des partis d’opposition britanniques, qui ont qualifié de fantaisistes les prédictions du chancelier selon lesquelles la croissance reprendrait à la fin de l’année 2009.

Le député conservateur Philip Hammond a déclaré que le chancelier n’avait pas été honnête avec le public quant à l’ampleur des problèmes de l’économie. Le leader démocrate libéral Nick Clegg a quant à lui indiqué que l’échec du gouvernement à concrétiser ses prédictions conduirait les gens à croire qu’ils vivent dans un monde imaginaire.

Quelques heures après l’annonce du budget, le Fonds monétaire international a publié des prévisions plus pessimistes pour l’année, selon lesquelles l’économie britannique diminuerait de 4,1 % cette année et de 0,4 % l’année prochaine.

M. Darling a défendu ses prévisions, déclarant qu’elles étaient dans la droite ligne des prévisions extérieures. Il a toutefois relevé qu’il existait actuellement une pléthore de prévisions économiques annonçant le début de la reprise à plusieurs dates différentes.