Les pays de l’UE s'apprêtent à renforcer l'opération maritime en mer Rouge
Ce projet intervient alors que la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran a placé la sécurité maritime au centre de l'attention
Lors du sommet du Conseil européen de cette semaine, les chefs d’État de l’UE devraient appeler les États membres à renforcer les capacités de la mission navale de l’UE en mer Rouge, selon un projet de conclusions consulté par Euractiv.
Le Conseil « demande leur renforcement par des moyens supplémentaires », indique le projet, faisant référence aux opérations Aspides et Atalanta, les opérations de sécurité maritime de l’UE en mer Rouge et dans l’océan Indien.
Ce projet de conclusions fait suite à la discussion, lundi, entre les ministres des Affaires étrangères sur la sécurité du détroit d’Ormuz, actuellement bloqué par la guerre en Iran, et sur le statut de l’opération Aspides.
Les capitales ont indiqué qu’elles n’étaient toujours pas disposées à étendre le mandat de l’opération sur cette voie maritime stratégique, ont déclaré mercredi trois diplomates de l’UE. Un déploiement dans la région risquerait d’impliquer l’Union européenne dans le conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran. La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a réaffirmé cette semaine que les États membres maintiendraient leurs opérations en mer Rouge, qui constituent l’objet du mandat actuel, et se concentreraient sur les efforts diplomatiques visant à maintenir le détroit ouvert.
Sécuriser militairement le détroit d’Ormuz serait toutefois une tâche difficile. Ces eaux sont parsemées de nombreux engins explosifs posés par l’Iran, allant de mines flottantes à d’autres placées plus en profondeur, équipées de capteurs acoustiques ou électromagnétiques. Les pétroliers peuvent également être la cible de frappes aériennes et de missiles terre-mer. Pour contrer ce large éventail de menaces, les marines devraient envoyer d’importants moyens militaires pour protéger les navires marchands, notamment des navires spécialisés appelés dragueurs de mines.
Selon certaines estimations, les États-Unis disposent de très peu de dragueurs de mines, ce qui explique peut-être pourquoi le président américain Donald Trump a appelé dimanche ses alliés européens à soutenir les États-Unis pour sécuriser l’une des voies maritimes essentielles au commerce mondial. Les États européens possèdent certes un certain nombre de navires de déminage, mais la plupart sont réservés à la gestion des menaces venant de la Russie et du nord.
Ses appels n’ayant pas reçu de réponse positive, Trump a déclaré qu’il n’avait plus besoin de l’alliance transatlantique. Le détroit d’Ormuz reste bloqué.
(cm, ibe)