Les pays baltes et la Pologne s’indignent des commentaires « anti-OTAN » d’Andrej Babis
Le candidat à la présidence tchèque Andrej Babiš, qui a remis en question l’engagement de son pays à aider les alliés voisins de l’OTAN lors d’un débat télévisé, a été critiqué par les ministres des Affaires étrangères des pays baltes et de la Pologne.
Le candidat à la présidence tchèque Andrej Babiš, qui a remis en question l’engagement de son pays à aider les alliés voisins de l’OTAN lors d’un débat télévisé dimanche, a été critiqué par les ministres des Affaires étrangères de ses voisins, les pays baltes et la Pologne.
Interrogé sur l’envoi des troupes tchèques dans un conflit ouvert en cas d’attaque de la Pologne ou des pays baltes par la Russie lors d’un débat télévisé en direct dimanche (22 janvier), l’ancien Premier ministre et actuel candidat à la présidence a répondu par la négative.
Andrej Babiš a depuis corrigé sa déclaration controversée, tweetant lundi qu’il se conformerait « certainement » à l’article 5 de l’OTAN.
Néanmoins, ses commentaires ne sont pas de bon augure pour ses voisins baltes et polonais.
Le ministre estonien Urmas Reinsalu l’a qualifié de « pire exemple de campagne politique intérieure s’immisçant dans les questions de sécurité », tandis que son homologue letton, Edgars Rinkēvičs, a estimé que la déclaration était irresponsable.
« Si jamais la liberté, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République tchèque étaient remises en cause par une force extérieure, les Lituaniens seraient aux côtés du peuple tchèque », a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, avant le Conseil des Affaires étrangères de l’UE qui s’est tenu lundi à Bruxelles.
Pendant ce temps, plusieurs voix en Pologne ont également exprimé des regrets, certains espérant que le rival de M. Babiš aux élections présidentielles remporte le scrutin.
« Nous espérons qu’il ne s’agissait que d’une question d’émotions politiques pendant le débat, car nos partenaires tchèques ont prouvé ces derniers temps qu’ils étaient fidèles à leurs engagements en tant qu’alliés », a déclaré le porte-parole du gouvernement polonais, Piotr Müller, à la chaîne publique TVP Info.
Il a néanmoins ajouté qu’il était inquiet qu’une telle déclaration puisse venir d’un candidat à la présidence d’un pays membre de l’Alliance de l’Atlantique Nord.
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a qualifié la déclaration de « regrettable ».
Les partis de l’ensemble de l’échiquier politique polonais ont également critiqué M. Babiš pour ses commentaires.
« Je suis convaincu que le rival de M. Babiš, Petr Pavel, remportera les élections, » a déclaré Ryszard Czarnecki, eurodéputé du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir, tout en accusant le candidat tchèque de ne pas connaître les traités que la République tchèque a signés, notamment le traité de Washington.
La députée de l’opposition de gauche Wanda Nowacka a qualifié la déclaration de M. Babiš de « stupide », affirmant qu’elle pourrait nuire aux relations bilatérales entre Varsovie et Prague, comme le cite TVP Info.
Paweł Kowal, d’un autre parti d’opposition, la Coalition civique centriste (PPE), interrogé par la radio RMF FM, a qualifié Andrej Babiš de « caisse de résonance de Poutine » qui « commence à rivaliser avec [le Premier ministre hongrois Viktor] Orbán » dans la rhétorique pro-Kremlin.
En République tchèque, les commentaires ont également reçu leur lot de critiques, notamment de la part du ministre des Affaires étrangères Jan Lipavský (Pirates, Verts).
« Andrej Babiš, avec sa déclaration lors du débat à la télévision tchèque, a terni la République tchèque à l’étranger. Grâce à notre adhésion à l’OTAN et à notre alliance avec d’autres pays, nous faisons partie de l’organisation militaire la plus forte du monde. La remise en question de ces engagements d’alliance menace notre sécurité », a déclaré M. Lipavský.
Le second tour des élections présidentielles tchèques aura lieu vendredi et samedi (27-28 janvier). Les sondages d’opinion suggèrent que Petr Pavel, l’ancien chef du comité militaire de l’OTAN, battra M. Babiš.