Les passes sanitaires ont contribué à augmenter le taux de vaccination

Selon une étude de modélisation publiée dans la revue The Lancet Public Health, l'introduction de passes sanitaires a entraîné une augmentation de la couverture vaccinale dans des pays où le recours à la vaccination est inférieure à la moyenne.

EURACTIV.com
Enhanced Green Pass becomes effective in Italy
L’étude publiée lundi 13 décembre a examiné l’impact du passe sanitaire sur la couverture vaccinale dans six pays où la certification était légalement obligatoire, à savoir le Danemark, Israël, l’Italie, la France, l’Allemagne et la Suisse, d’avril à septembre 2021. [[EPA-EFE/Jessica Pasqualon ]]

Selon une étude de modélisation publiée dans la revue The Lancet Public Health, l’introduction de passes sanitaires a entraîné une augmentation de la couverture vaccinale dans des pays où le recours à la vaccination est inférieure à la moyenne.

L’étude publiée lundi 13 décembre a examiné l’impact du passe sanitaire sur la couverture vaccinale dans six pays où la certification était légalement obligatoire, à savoir le Danemark, Israël, l’Italie, la France, l’Allemagne et la Suisse, d’avril à septembre 2021.

Une modélisation a été utilisée pour estimer ce qu’aurait été l’utilisation des vaccins sans passe sanitaire dans chacun des six pays, en se basant sur les tendances de l’utilisation des vaccins dans 19 pays témoins similaires qui n’avaient pas imposé de mesure similaire.

Le passe sanitaire ou « passeport vaccinal », exige que les personnes aient une preuve de vaccination complète, un test négatif ou un certificat de guérison de la Covid-19, pour accéder aux lieux et événements publics.

Il a été suggéré que le passe sanitaire pourrait encourager davantage de citoyens non vaccinées à franchir le pas, en particulier ceux qui perçoivent leur propre risque d’hospitalisation ou de décès dû à la Covid-19 comme étant faible, connus sous le nom de groupes complaisants à l’égard des vaccins.

L’auteur principal de l’étude, Melinda Mills, directrice du centre Leverhulme pour la science démographique à l’Université d’Oxford, a déclaré que l’étude « est une première évaluation empirique importante pour savoir si le passe sanitaire peut » augmenter le taux de vaccination.

« Dans l’ensemble, nous avons observé une augmentation significative de l’anticipation de l’entrée en vigueur des restrictions environ 20 jours avant leur introduction, qui a duré jusqu’à 40 jours après, mais le contexte du recours à la vaccination, de l’hésitation à se faire vacciner, des niveaux de confiance dans les autorités et de la trajectoire de la pandémie était crucial pour l’impact », a-t-elle déclaré.

Différences entre les pays

L’étude a montré que dans les pays où la couverture vaccinale était auparavant faible, l’introduction de la certification Covid-19 a été associée à une augmentation significative du nombre de doses de vaccin supplémentaires par million de personnes — allant de près de 128  000 en France, plus de 243  000 en Israël, près de 65  000 en Suisse et plus de 66  000 en Italie.

En revanche, au Danemark et en Allemagne, où les taux de vaccination moyens étaient plus élevés avant l’introduction du pass sanitaire, il n’y a pas eu d’augmentation significative de la vaccination. De plus, le Danemark a introduit le pass en avril 2021, alors que l’offre globale de vaccins était encore limitée malgré une demande élevée.

Au Danemark, le principal objectif cette politique était d’augmenter le nombre de tests avant de se rendre dans des lieux publics, plutôt que d’encourager la vaccination, ce qui met en évidence les multiples objectifs ou conséquences potentiels des politiques de certification du Covid-19 au-delà de l’adoption du vaccin.

Par rapport aux pays témoins, le nombre de cas quotidiens de Covid-19 a diminué après la mise en œuvre en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse, mais a augmenté en Israël et au Danemark.

De nombreux pays ont mis en œuvre le pass sanitaire en réponse à l’augmentation des cas, ce qui rend difficile l’évaluation de l’effet du pass sur les infections déclarées. Selon les auteurs, cela souligne l’importance de tenir compte de la phase de la trajectoire de l’infection lorsque l’intervention est introduite.

Différences entre les groupes d’âge

Après l’introduction des passes sanitaires, l’augmentation de la vaccination a été la plus forte chez les personnes de moins de 30 ans par rapport aux groupes plus âgés.

Les auteurs ont cherché à savoir si la priorité accordée à la vaccination dans les tranches d’âge plus âgés et l’éligibilité des groupes d’âge plus jeunes au moment de la certification avaient pu influencer les résultats, mais ils ont constaté que l’effet ne pouvait pas être entièrement expliqué par les critères d’éligibilité basés sur l’âge.

En Suisse, lorsque le pass sanitaire a été utilisée pour restreindre l’accès aux boîtes de nuit et aux grands événements uniquement, des augmentations de la prise vaccinale ont été observées uniquement chez les personnes de moins de 20 ans. Lorsque les restrictions ont été étendues à tous les lieux d’accueil et de loisirs, le taux de vaccination a également augmenté chez les 20-49 ans.

Le co-auteur de l’étude, Tobias Rüttenauer, de l’Université d’Oxford, a déclaré que « nous savons que certains groupes ont un taux de vaccination plus faible que d’autres et il se peut que le passe sanitaire soit un moyen utile d’encourager les groupes peu enclins à se faire vacciner, comme les jeunes et les hommes, à se faire vacciner ».

Il a ajouté que « le pass sanitaire ne constitue pas à lui seule une solution miracle pour améliorer l’utilisation des vaccins et doit être utilisé en parallèle avec d’autres politiques ».

« L’hésitation à se faire vacciner en raison d’un manque de confiance dans les autorités, fréquente dans certaines minorités ethniques et dans les groupes socio-économiques les plus défavorisés, peut être combattue avec plus de succès par d’autres interventions, telles que des campagnes de vaccination ciblées et un dialogue avec la communauté pour mieux faire comprendre les vaccins », a déclaré M. Rüttenauer.

Selon les auteurs, cela suggère que la politique peut être utile pour encourager le recours au vaccin dans des groupes particuliers, mais des recherches supplémentaires portant sur d’autres facteurs, notamment le statut socio-économique et l’origine ethnique, sont nécessaires pour comprendre pleinement qui les certificats pourraient cibler efficacement.