Les partis de centre-droit concoctent un accord en amont du sommet européen

Le congrès annuel du Parti populaire européen (PPE), qui se terminera à Marseille aujourd'hui, a eu lieu juste avant le sommet européen de ce soir à Bruxelles et donne un aperçu des décisions qui pourraient être prises. Un reportage d'EURACTIV en direct de Marseille.

EURACTIV.com
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Le congrès annuel du Parti populaire européen (PPE), qui se terminera à Marseille aujourd'hui, a eu lieu juste avant le sommet européen de ce soir à Bruxelles et donne un aperçu des décisions qui pourraient être prises. Un reportage d'EURACTIV en direct de Marseille.

Le sommet annuel du PPE a revêtu une importance particulière cette année, dans la mesure où 16 des 27 pays de l'UE sont maintenant dirigés par des gouvernements de centre-droit, notamment la France et l'Allemagne.

En vue du sommet européen qui débutera à Bruxelles ce soir, la réunion pourrait contribuer à l'élaboration d'un accord entre les 27 dirigeants européens sur la réforme de la zone euro.

C'est la direction que semble prendre une résolution adoptée mercredi (7 décembre) par les membres du PPE lors du premier jour de ce congrès annuel, en soutenant la volonté franco-allemande de renforcer la surveillance budgétaire au sein de la zone euro.

« Le PPE est largement partisan de la mise en place d'un contrôle fiscal strict et efficace d'une coordination économique pour tous les Etats membres afin d'atteindre la stabilité des finances publiques. Nous demandons la mise en œuvre immédiate d'un pacte de stabilité et de croissance renforcé, lequel devrait inclure des sanctions automatiques [et] un contrôle indépendant renforcé des mécanismes à l'origine des déséquilibres macroéonomiques », peut-on lire dans le communiqué.

Ce texte reflète les demandes exprimées cette semaine par la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, qui souhaitent des « sanctions automatiques » contre les pays qui dépasseraient les limites de déficit autorisées. Les deux dirigeants ont proposé d'entériner ces sanctions par la révision du traité européen.

Les divergences refont surface

Le couple franco-allemand aura le temps de tester ses propositions auprès des chefs d'État européens lors du sommet du PPE à Marseille, notamment auprès du Suédois Frederik Reinfeldt, du Polonais Donald Tusk et du Portugais Pedro Passos Coelho.

Les conclusions du sommet de l'UE demain risquent en effet de s'appuyer grandement sur le texte du PPE et la lettre de Mme Merkel et de M. Sarkozy.

Mais les divergences ne sont jamais bien loin, alors que d'autres représentants du PPE ont exprimé leur souhait de voir le processus de révision du traité se dérouler de manière démocratique plutôt qu'à huis clos.

« Une nouvelle convention pourrait permettre de mieux expliquer à nos citoyens ce que nous décidons face à la crise », a déclaré le président du Parlement européen, Jerzy Buzek.

« Il est important que nous prenions les décisions importantes ensemble. Nous devrions faire cela ensemble » a souligné Angelino Alfano, le leader du parti de centre-droit italien. Même s'il représente le plus grand parti au PPE, le parti italien Popolo della Libertà (le parti de l'ancien premier ministre Silvio Berlsuconi), a souvent été mis à l'écart par le duopole franco-allemand.

Les avis sont également partagés au sujet de la proposition de la Commission européenne concernant une taxe sur les transactions financières (FTT). « Nous soutenons l'introduction d'une taxe sur les transactions financières, un outil visant à freiner les activités financières spéculatives et à permettre au secteur financier de contribuer à la résolution de la crise économique en Europe », explique un amendement de la résolution finale adoptée par les membres du PPE présents à Marseille, avec une large majorité de 813 voix.

Toutefois, un nombre important de membres se sont prononcés contre cette motion, et un représentant suédois s'est ouvertement opposé à l'amendement.

Le printemps arabe et l'Ukraine

Les discussions sur les affaires étrangères se sont avérées, au contraire, beaucoup plus consensuelles. Le congrès du PPE a consacré un temps considérable aux discussions sur le printemps arabe et les conséquences des révoltes au sud de la Méditerranée.

Les opinions partagées et les démonstrations d'amitié ont cédé la place à l'émotion lorsque la fille de l'ancienne première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko s'est exprimée sur les conditions de détention de sa mère, emprisonnée depuis le mois d'octobre suite à des accusations d'abus de pouvoir portant sur un accord gazier controversé, signé avec la Russie en 2009.

« La santé de ma mère est à présent menacée. Même le prêtre n'est pas autorisé à lui rendre visite. Elle subit des actes de torture. J'ai peur que cette torture ne continue jusqu'à ce que mort s'ensuive », a déclaré Eugenia Carr-Timochenko.