Les ONG environnementales se mobilisent face au risque de déroute des Verts
Les ONG de défense de l'environnement veulent sensibilier toutes les tendances politiques, alors que les Verts risquent de perdre une dizaine de sièges dans le futur Parlement. Certaines attribuent des notes aux députés sortants.
Les ONG de défense de l’environnement veulent sensibilier toutes les tendances politiques, alors que les Verts risquent de perdre une dizaine de sièges dans le futur Parlement. Certaines attribuent des notes aux députés sortants.
Durant la prochaine législature, les Verts devraient occuper 38 sièges au Parlement européen, contre 48 actuellement, selon les derniers sondages. Les électeurs sont visiblement plus intéressés par les sujets de la vie quotidienne que par les thèmes environnementaux.
L’eurodéputé écologiste Claude Turmes a expliqué à EURACTIV que, selon des sondages internes, son parti obtiendrait entre 35 et 45 représentants. Il a admis que la crise économique avait également des répercussions sur son parti.
« Les Unes des journaux sont moins consacrées aux urgences à l’échelle planétaire et plus au chômage, ce qui renforce les partis avec un électorat en concurrence avec celui des Verts : l’extrême gauche et les sociaux-démocrates », a-t-il assuré à EURACTIV.
À la recherche d’alliés
Une campagne axée sur la pollution de l’air pourrait faire surface. Certaines organisations environnementales semblent toutefois être à la recherche de nouveaux alliés au sein du futur Parlement.
Selon WWF, environ 80 candidats de tous les partis ont signé son appel qui les contraint à soutenir l’une des grandes priorités, comme la lutte contre le changement climatique ainsi que la promotion d’une consommation plus durable et meilleure pour la santé. L’organisation de défense de l’environnement considère cette initiative comme un pont en vue de promouvoir le dialogue avec les législateurs.
« L’UE a le pouvoir de nous mener vers une nouvelle ère, celle où nous produisons et consommons dans les limites d’une planète », a déclaré Tony Long, le directeur du bureau politique européen de WWF.« Et ce sont les eurodéputés qui remporteront les élections qui auront le pouvoir de voter sur des thèmes importants qui peuvent concrétiser cette transformation ».
Le site Internet « Politics for People » associé au groupe Alter-EU essaie également de mobiliser les eurodéputés afin qu’ils luttent contre « l’influence excessive des lobbies, des banques et des multinationales ».
Gros plan sur la France
Les Amis de la Terre et Sandbag ont adopté une méthode différente : ils ont attribué des scores pour chaque eurodéputé en fonction de leurs votes sur des thèmes relatifs à l’environnement lors de ces cinq dernières années.
En France, certains eurodéputés socialistes et écologistes, comme Catherine Trautmann ou Isabelle Thomas, occupent notamment la première place en matière de lutte contre le changement avec un score de 100 %. Avec 9 %, Bruno Gollnisch (Front national) arrive en dernière position.
Le groupe Climate Action Network (CAN) a franchi une étape supplémentaire en produisant un classement par pays plus complet. En matière d’actions pour le climat, le Parti de la nation corse occupe la première place, suivi d’Europe Écologie (86 %) et du parti socialiste (84 %). Le Front national et le Mouvement pour la France ferment la marche.
« Les actions en matière de climat pèsent plus que les mots et cette analyse permet à la population de voir exactement ce que les partis politiques nationaux et leurs eurodéputés ont soutenu au cours de leur mandat au Parlement européen », a ajouté Wendell Trio, le directeur de CAN Europe.