Les non-voyants regrettent les voitures bruyantes
L’Union européenne des aveugles (UEA) a demandé aux institutions de faire respecter les droits fondamentaux des aveugles et d’assurer leur sécurité dans les rues. Les véhicules électriques et hybrides représentent une menace réelle pour les personnes mal ou non-voyantes.
L’Union européenne des aveugles (UEA) a demandé aux institutions de faire respecter les droits fondamentaux des aveugles et d’assurer leur sécurité dans les rues. Les véhicules électriques et hybrides représentent une menace réelle pour les personnes mal ou non-voyantes.
Alors que la législation de l'Union sur la réduction du bruit des véhicules progresse, les 30 millions de personnes aveugles s'inquiètent de plus en plus de leur sécurité. Elles utilisent en effet exclusivement leur ouïe lorsqu'elles traversent une route.
Les véhicules électriques et hybrides, très silencieux, peuvent également représenter une menace pour d'autres piétons vulnérables.
« Des études ont montré que les véhicules hybrides et électriques sont trop silencieux. Le taux d'accidents est deux fois plus élevé que celui des véhicules traditionnels. [Ces véhicules de nouvelle génération] présentent un danger pour tous les individus vulnérables : enfants, personnes âgées et cyclistes, » affirme Rodolfo Cattani, président de la commission de liaison de l’UEA avec l'UE.
Le risque est à son niveau le plus élevé jusqu’à 40 km/h. Au-delà, le frottement des pneus rend le déplacement des véhicules plus bruyant, a-t-il déclaré le 4 décembre à Bruxelles lors d’une conférence de presse.
Un système d'alerte acoustique en préparation
Les institutions européennes, conscientes du problème, ont donné leur accord à un projet de règlementation qui forcerait les constructeurs à fabriquer un système d'alerte spécial pour tous les véhicules silencieux à venir, le système d'alerte acoustique dans le véhicule (AVAS).
Mais les règlementations imposées par la législation européenne semblent être encore trop peu contraignantes. En effet, le conducteur a la possibilité de déconnecter ce dispositif d'alerte.
« Le système AVAS doit être équipé d’un interrupteur facilement accessible au conducteur, afin que celui-ci puisse le connecter et le déconnecter facilement. À chaque nouvelle utilisation du véhicule, le système AVAS doit être connecté par défaut », selon l'Annexe IX du projet de règlementation en question.
Le texte est le résultat d'un compromis entre le Conseil et le Parlement européen obtenu après trois lectures. Le « marché est presque conclu ». Il ne reste plus que le vote du Parlement en session plénière début 2014.
Les associations d'aveugles craignent un mécanisme inopérant
Certes, il est officiellement possible d'amender le projet, mais la procédure est complexe : 40 eurodéputés sont nécessaires pour déposer un amendement, mais un seul suffit pour le rejeter, selon une source du Parlement.
« La possibilité de déconnecter le système s’avère dangereuse ; les conducteurs vont trop souvent y avoir recours. Nous souhaitons l'interdiction de ce système de mise en pause », fait savoir Rodolfo Cattani.
Un autre sujet d'inquiétude pour les personnes mal et non-voyantes est la période transitoire prévue par les règles futures : trois ans pour les nouveaux modèles et cinq pour les nouvelles immatriculations à partir de la date d'entrée en vigueur des nouvelles règlementations. Or, le texte n'a toujours pas été adopté.
L'association des personnes aveugles prévient que les véhicules silencieux vont proliférer d’ici là. Ce qui rendra leur vie quotidienne d'autant plus périlleuse.