Les négociations pour la formation d'un gouvernement dans l'impasse en Grèce

Les négociations de la dernière chance pour la formation d'un gouvernement de coalition en Grèce semblent être dans l'impasse, dans la mesure où les partis politiques du pays ne parviennent pas à se mettre d'accord. De nouvelles élections devraient dès lors être organisées le 17 juin prochain, alors que l'incertitude plane et que la sortie du pays de la zone euro menace.

/ EURACTIV.fr
Athens Parthenon Greece_Picnik.jpg
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Les négociations de la dernière chance pour la formation d'un gouvernement de coalition en Grèce semblent être dans l'impasse, dans la mesure où les partis politiques du pays ne parviennent pas à se mettre d'accord. De nouvelles élections devraient dès lors être organisées le 17 juin prochain, alors que l'incertitude plane et que la sortie du pays de la zone euro menace.

Seuls deux partis politiques au parlement, Nouvelle démocratie (ND) de centre-droit et le parti socialiste PASOK, soutiennent le programme de renflouement de l'UE et les mesures d'austérité qu'il implique. Ce programme a pourtant permis au pays de se maintenir à flot sur le plan financier, même si les mesures mises en oeuvre ont entraîné un soulèvement massif de la population.

ND (108 députés) et le PASOK (41 députés) ont essuyé une défaite sans précédent lors des élections de la semaine dernière. Ils ne disposent donc pas de suffisamment de sièges pour s'assurer une majorité au parlement (300 sièges), même s'ils formaient une coalition.

En outre, les dirigeants des deux partis arguent que les résultats du scrutin ne leur permettent pas d'imposer la mise en application des mesures d'austérité exigées par les bailleurs internationaux du pays sans le soutien des autres formations politiques.

Le parti communiste (KKE, 26 députés) souhaiterait que la Grèce quitte l'UE, le parti de droite des Grecs indépendants (33 députés) affirme que la Grèce devrait opter pour le défaut de paiement, mais personne ne souhaite en tout cas entamer des discussions de coalition avec le parti néonazi de l'Aube dorée (21 députés).

Les seuls alliés possibles pour ND et le PASOK sont la Gauche démocrate (DIMAR, 19 députés) et la Coalition de la Gauche radicale (Syriza, 52 députés).

Bien que ces deux partis soutiennent la présence de la Grèce au sein de la zone euro, ils sont vivement opposés au programme d'ajustement de l'UE et aux mesures d'austérité qui en découlent.

Le parti DIMAR a accepté de participer aux discussions sur la formation d'un gouvernement d'unité, alors que de hauts fonctionnaires allemands et européens ont affirmé que la Grèce pourrait être forcée de quitter la zone euro dans le cas où elle n'honorerait pas ses engagements.

Syriza, le parti catapulté à la seconde place, continue cependant d'insister sur le fait que le peuple grec s'est exprimé et que le protocole d'accord entre Athènes et la Troïka a perdu sa légitimité politique.

« Ils ne cherchent pas à conclure un accord, ils nous demandent d'être leurs complices, mais nous ne nous y résignerons pas », a déclaré hier Alexis Tsipras, le leader de Syriza.

Pour sa part, DIMAR refuse de participer à un gouvernement d'unité nationale sans le soutien de Syriza, dans la mesure où, tout comme le PASOK et ND, les dirigeants du parti craignent que les retombées politiques d'une reconstruction de la Grèce ne soient pas soutenables. Les chefs de parti craignent également que Syriza ne soutienne une vague de manifestations qui entraverait toute tentative de mise en oeuvre des mesures d'austérité.

Le pays étant dans une impasse politique, il est probable que le président grec, Karolos Papoulias, abandonne et appelle à la tenue d'élections anticipées, sans doute le 17 juin prochain. Le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, a quant à lui déclaré qu'il ne participerait même pas à la réunion des leaders politiques sous les auspices du président Papoulias (19h30 à Athènes ce soir). Cette réunion sera sans doute celle de la dernière chance.