Les ministres tchèque et slovaque des Affaires étrangères se rencontrent sur fond de désaccord concernant l’Ukraine
En dépit des tensions, les chefs de la diplomatie tchèque et slovaque se sont rencontrés le 10 juin dans le but de rétablir des relations mises à mal par leurs divergences sur la guerre en Ukraine.
En dépit des tensions, la diplomatie a prévalu lorsque le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, et son homologue slovaque, Juraj Blanár, se sont retrouvés mardi 10 juin en Slovaquie dans le but de rétablir des relations mises à mal par leurs divergences sur la guerre en Ukraine.
Cette rencontre a une nouvelle fois mis en évidence les divisions politiques croissantes au sein du groupe de Visegrad, autrefois très soudé, qui comprend la Slovaquie, la République tchèque la Hongrie et la Pologne. Fondé après la chute du communisme pour soutenir l’intégration régionale dans les institutions occidentales, le bloc est aujourd’hui fracturé, Prague se présentant comme un fervent partisan de Kiev, tandis que Bratislava maintient ses liens avec la Russie et s’oppose à des sanctions plus fortes de l’UE.
« Au sein du groupe de Visegrad, nous ne parvenons pas à trouver une position commune sur le plus grand défi géopolitique auquel l’Europe est confrontée : l’agression russe contre l’Ukraine », a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, lors d’une conférence de presse après la réunion.
« Le débat est plus compliqué qu’à d’autres moments. […] Les gouvernements changent, la politique change, mais le voisinage reste », a-til expliqué, avant d’ajouter que le fait de partager une géographie commune implique des problèmes communs et souvent des solutions communes.
La réunion de mardi s’est tenue au château de Topoľčany, un lieu symbolique qui servait autrefois de résidence d’été aux présidents tchécoslovaques.
Désaccord sur l’Ukraine
Jan Lipavský a également réitéré la position de son gouvernement sur la nécessité de soutenir la sécurité de l’Ukraine et d’envoyer un signal clair à la Russie que les frontières ne peuvent être violées.
Juraj Blanár, souvent critiqué pour sa position pro-Kremlin et ses rencontres avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a adopté un ton quelque peu différent.
« Dès le début, même lorsque nous étions dans l’opposition, nous avons dit que cette guerre n’avait pas de solution militaire. Le temps nous donne raison », a-t-il affirmé. « Nous voulons tous les deux la paix. Nous divergeons simplement sur la manière d’y parvenir. »
Malgré leurs divergences, Juraj Blanár a souligné que Bratislava et Prague s’accordaient sur la plupart des autres questions et a défendu le format du groupe de Visegrad.
« Ce n’est pas une organisation », a-t-il assuré. « C’est une plateforme pour des pays qui partagent une histoire commune. Et dans des domaines tels que la migration ou la suppression progressive des moteurs à combustion, nous sommes solidaires. »
Toutefois, alors que la crise sécuritaire s’aggrave en Europe, les divisions au sein du groupe soulèvent de sérieuses questions quant à son avenir. Quoi qu’il en soit, pour l’instant, les deux ministres affirment leur volonté de maintenir un dialogue ouvert.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]