Les ministres des Finances réaffirment leur volonté de stimuler la compétitivité de l’UE
Les ministres des Finances de l’Union européenne (UE) ont réaffirmé lundi 4 novembre leur volonté de stimuler la compétitivité de l’UE, soulignant la nécessité de réformer les réglementations afin d'encourager les investissements privés, et de faciliter le développement des grandes entreprises.
Les ministres des Finances de l’Union européenne (UE) ont réaffirmé lundi 4 novembre leur volonté de stimuler la compétitivité de l’UE, soulignant la nécessité de réformer les réglementations afin d’encourager les investissements privés, et de faciliter le développement des grandes entreprises.
Dans une déclaration commune, les ministres ont appelé à des « réformes structurelles bien calibrées » afin d’encourager le secteur privé à contribuer aux importants investissements nécessaires à l’Union, que certains estiment à environ 800 milliards d’euros par an.
Ils ont également souligné l’importance de réduire le « fardeau réglementaire croissant » des entreprises, qui, selon eux, entrave leur capacité à investir et à se développer.
« Nous considérons qu’il est prioritaire de remédier à la sous-performance de l’Europe en matière de productivité, en facilitant les conditions permettant aux entreprises européennes d’investir et d’innover », indique la déclaration.
« Le fardeau réglementaire croissant devient un obstacle de plus en plus important pour les entreprises, en particulier les petites entreprises qui souhaitent innover, se développer et croître », ajoutent les ministres.
Faisant écho aux propositions des Italiens Enrico Letta et Mario Draghi, ainsi qu’à celles de l’Eurogroupe, les ministres ont également souligné le besoin « urgent et essentiel » de débloquer des capitaux privés supplémentaires en approfondissant l’Union des marchés de capitaux (UMC) de l’Europe, au point mort depuis un certain temps.
Selon la Commission européenne, une UMC pleinement intégrée permettrait de mobiliser jusqu’à 470 milliards d’euros d’investissements privés supplémentaires chaque année.
La déclaration appelle également à une « approche plus stratégique » du commerce international, notamment en diversifiant les chaînes d’approvisionnement essentielles et en renforçant les partenariats avec les alliés clés de l’UE.
Les ministres des Finances ajoutent que ces mesures contribueraient à atténuer les « pratiques de distorsion » des principaux partenaires commerciaux de l’UE — une référence au protectionnisme de la Chine et des États-Unis.
Dans une autre allusion à peine voilée à Pékin et à Washington — qui souligne encore la volonté des ministres de promouvoir une approche axée sur le marché — la déclaration met en garde contre « l’utilisation généralisée des politiques industrielles », qui « risque de saper le marché unique ».
En outre, elle appelle au renforcement de l’infrastructure énergétique transfrontalière de l’Europe, notamment par une plus grande intégration des réseaux électriques des États membres. Celle-ci permettrait de faire baisser les prix de l’énergie et d’alléger la pression exercée sur les gouvernements européens — déjà soumis à de fortes contraintes budgétaires — pour qu’ils accordent des subventions à l’énergie.
Enfin, les ministres des Finances proposent de combler le déficit croissant des compétences en Europe par des programmes de formation adaptés, en encourageant l’immigration de personnes qualifiées en provenance de pays tiers, et en favorisant « une plus grande flexibilité du marché du travail ».
Contrairement à Mario Draghi, qui avait qualifié la protection du modèle social européen de « non négociable », la déclaration n’aborde pas cette question.
Cette déclaration précède une réunion des dirigeants de l’UE en Hongrie, prévue pour vendredi 8 novembre et au cours de laquelle une « déclaration de Budapest » sur l’avenir de la compétitivité de l’Union devrait être adoptée.
Les négociations sur la formulation de cette déclaration ont été ralenties par des discussions sur sa longueur, ainsi que par des différends sur l’harmonisation fiscale, la politique de cohésion et les dépenses de défense de l’UE, selon des personnes au fait du sujet.
Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), l’économie de l’UE ne devrait croître que de 1,1 % en 2024, une projection bien inférieure à celles envisagées pour la Chine et les États-Unis, respectivement de 4,8% et 2,8%.
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[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]