Les ministres des finances prévoient de lever des fonds pour le climat en taxant les transports
Aujourd'hui (21 février), les ministres européens des finances appelleront l'exécutif européen à préparer une proposition visant à lever des fonds pour le climat via la tarification du carbone pour les transports aériens et maritimes d'ici le mois de juin si les conclusions consultées par EURACTIV sont approuvées.
Aujourd'hui (21 février), les ministres européens des finances appelleront l'exécutif européen à préparer une proposition visant à lever des fonds pour le climat via la tarification du carbone pour les transports aériens et maritimes d'ici le mois de juin si les conclusions consultées par EURACTIV sont approuvées.
Les fonds levés serviraient à financer un Fonds vert pour le climat de 100 milliards de dollars par an (75,7 milliards d'euros), l'élément central d'un accord qui pourrait succéder au protocole de Kyoto, dans le but d'aider les pays pauvres à s'adapter au changement climatique et à atténuer les effets du réchauffement.
Dans son projet de conclusions, le Conseil des ministres européens « invite la Commission à préparer un document de réflexion d'ici juin prochain sur [la] tarification du carbone pour l'aviation mondiale et le transport maritime, en prenant en compte les développements de l'OMI [Organisation maritime internationale] et de l'OACI [Organisation de l'aviation civile internationale] ».
En mai dernier, les ministres européens des finances ont appelé l'OMI et l'OACI à « établir sans délai un cadre politique mondial, afin d'éviter les distorsions concurrentielles ou les fuites de carbone ».
Cet aspect a été approfondi dans le projet de conclusion divulgué : « La tarification du carbone pour l'aviation mondiale et le transport maritime devraient fournir le signal de prix nécessaire pour parvenir à réduire efficacement les émissions de ces secteurs. »
« Les prix du carbone pour l'aviation mondiale et le transport maritime peuvent également générer d'importants flux financiers », selon ce document.
Fonds vert pour le climat
Ces flux financiers pourraient capitaliser le Fonds vert pour le climat officiellement élaboré lors du sommet de Durban sur le changement climatique qui s'est déroulé en décembre dernier. Ce Fonds manquerait en effet de financements.
L'exécutif européen a indiqué que Bruxelles couvrirait jusqu'à un tiers du Fonds. Toutefois, en ces temps difficiles de contraintes budgétaires pour les États et les investisseurs du secteur privé, l'UE se tourne de plus en plus vers des « sources financières innovantes » pour lever les sommes nécessaires.
Lies Craeynest, conseillère sur la politique de l'UE relative au changement climatique chez Oxfam, a salué cette initiative, mais prévenu qu'il fallait agir, plutôt que de parler.
« Cette année, la crédibilité de l'Europe sera mise à l'épreuve sur ce sujet, nous verrons si elle investit réellement et si elle fait en sorte que le Fonds vert pour le climat ne soit pas qu'une coquille vide », a-t-elle affirmé dans un commentaire envoyé à EURACTIV.
« Nous devons voir l'Europe s'engager pour un accord mondial dans le but de lever des fonds destinés à l'action pour le climat dans les pays pauvres grâce à l'aviation internationale et au transport maritime », a-t-elle ajouté.
Le sommet de Copenhague
L'UE a déjà mobilisé 4,68 milliards d'euros pour le Fonds vert pour le climat, sur les 7,2 milliards d'euros qu'elle a promis de rassembler d'ici fin 2012 lors du sommet de Copenhague pour le climat.
Les écologistes affirment qu'une grande partie de cet argent avait déjà été promis auparavant et ils s'inquiètent du fait qu'aucun État membre ne se soit encore engagé à verser une somme précise pour le climat pour 2013 et au-delà.
Les négociations de l'ONU sur le climat qui devraient se dérouler au Qatar en décembre prochain devraient révéler l'ampleur de l'engagement attendu de l'UE pour la capitalisation du Fonds vert.
Ce Fonds est un élément important des négociations de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique entre les pays développés, historiquement responsables de la majorité des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, et les pays en développement qui en subissent presque toutes les conséquences.
Selon un document de travail de la Commission européenne datant d'avril 2011, les bénéfices d'un mécanisme de prix mondial pour le transport maritime et l'aviation pourraient s'élever à « plus de 24 milliards de dollars (18,2 milliards d'euros) dans le monde ».