Les ministres de l’UE défendent le principe du libre-échange envers et contre tout
Les ministres du Commerce de l’UE ont réaffirmé leur engagement en faveur du libre-échange, malgré les propos de la représentante américaine au Commerce qui suggèrent que Washington poursuivra des politiques pilotées par l’État.
Les ministres du Commerce de l’UE ont réaffirmé leur engagement en faveur du libre-échange jeudi (30 mai), malgré les propos tenus la veille par la représentante américaine au Commerce, qui suggèrent que Washington ne s’appuiera pas uniquement sur les mécanismes du marché, mais poursuivra également des politiques pilotées par l’État.
S’exprimant sur la compétitivité commerciale de l’UE lors du Conseil des Affaires étrangères à Bruxelles jeudi matin, les ministres du Commerce ont réaffirmé l’engagement de l’Union en faveur des principes du libre-échange. Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a expliqué que « l’ouverture au commerce » a contribué à « un développement économique mondial très important et a aidé à sortir des millions de personnes de la pauvreté ».
« Le commerce continuera à jouer un rôle très important pour la compétitivité et la prospérité de l’UE », a-t-il affirmé, ajoutant que l’Union devrait néanmoins être « attentive » à l’impact potentiellement « néfaste » du commerce sur l’environnement et les droits des travailleurs.
La ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, dont le pays assure actuellement la présidence du Conseil de l’UE, a également souligné la nécessité de mener « une politique commerciale ouverte, proactive et ambitieuse ».
Les déclarations de M. Dombrovskis répondent aux remarques de la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, qui a affirmé mercredi que « s’en remettre au marché a ses limites » et qu’un libre-échange sans restriction finit par nuire aux travailleurs, ce qui a renforcé les récents signaux venant des États-Unis qui indiquent que le pays poursuit une stratégie commerciale plus agressive.
Les nouveaux droits de douane américains contre la Chine révèlent les divisions franco-allemandes
L’augmentation des droits de douane américains sur les véhicules électriques chinois et d’autres produits, annoncée…
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La question des véhicules électriques chinois reste ouverte
En ce qui concerne l’enquête antisubventions menée par la Commission européenne sur les véhicules électriques chinois, qui pourrait conduire à l’imposition de nouvelles taxes à l’importation, M. Dombrovskis a déclaré qu’il n’était « pas encore décidé » quand de telles mesures pourraient être annoncées.
Alors que de nombreux observateurs s’attendaient à une décision sur ce sujet politiquement brûlant avant les élections européennes de juin, le journal allemand Spiegel a rapporté mercredi que l’annonce avait été reportée après les élections.
Le ministre allemand des Transports, Volker Wissing, a affirmé à Euractiv mercredi qu’une éventuelle décision de l’UE d’imposer des droits de douane sur les voitures chinoises à la suite de l’enquête de la Commission pourrait s’avérer peu judicieuse, car l’objectif devrait être de « toujours consister à créer une concurrence loyale au lieu de s’efforcer de l’entraver » avec des droits de douane.
L’enquête sur les véhicules électriques, qui n’est que l’une des nombreuses enquêtes antisubventions lancées par la Commission européenne contre Pékin au cours des derniers mois, intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre la Chine et ses homologues européens et américains, les deux principaux partenaires commerciaux du pays après la région de l’Asie du Sud-Est.
Au début du mois, les États-Unis ont introduit des droits de douane sur une série de produits chinois, notamment des panneaux solaires et des véhicules électriques, dans le but affiché de protéger l’économie américaine des « pratiques commerciales déloyales » de Pékin.
La décision américaine a suscité la colère de Pékin. « Certaines personnes aux États-Unis ont perdu la raison pour sauvegarder leur hégémonie unilatérale », a commenté le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, cité par Bloomberg.
La Chine a riposté aux enquêtes de l’UE en janvier, en lançant sa propre enquête sur le présumé dumping du brandy européen sur le marché chinois.
Dans un discours en novembre dernier, la directrice générale adjointe du Fonds monétaire international (FMI), Gita Gopinath, a prévenu que l’ouverture de l’Europe au commerce et à l’investissement signifiait qu’elle serait « singulièrement exposée » à la fragmentation géopolitique croissante du monde.
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[Édité par Anna Martino]