Les ministres de l’Environnement mobilisés pour sauver la loi sur la restauration de la nature
14 États membres, dont l’Allemagne, la France et l’Espagne, ont plaidé pour une mise en œuvre rapide de la principale politique de l’UE en matière de protection de l’environnement. Cependant, les pays opposés à cette législation, rejoints par la Hongrie la semaine dernière, ne bronchent pas.
Lors de la réunion du Conseil « Environnement » qui s’est tenue à Bruxelles lundi (25 mars), 14 États membres, dont l’Allemagne, la France et l’Espagne, ont plaidé pour une mise en œuvre rapide de la principale politique de l’UE en matière de protection de l’environnement. Cependant, les pays opposés à cette législation, rejoints par la Hongrie la semaine dernière, ne bronchent pas.
L’ambassadeur de la Slovénie auprès de l’UE, David Brozina a exprimé son étonnement face à l’opposition soudaine de la Hongrie, soulignant que les ambitions de la loi avaient été tellement réduites durant les négociations « que même le Parlement [européen] a pu l’approuver ».
Plusieurs ministres ont pris la parole pour plaider en faveur de la proposition, incitant la présidence belge du Conseil de l’UE à trouver rapidement un moyen d’adopter la loi.
Un accord de compromis avait été négocié avec succès entre le Conseil et le Parlement européen en novembre 2023, et les eurodéputés avaient approuvé de justesse le texte édulcoré en février.
Toutefois, le 21 mars, la Hongrie a annoncé qu’elle ne soutiendrait plus la proposition, dont le vote final au Conseil était prévu pour le matin du lundi 25 mars.
Cela signifie que la loi sur la restauration de la nature ne bénéficie plus d’un soutien suffisant pour passer au vote du Conseil. Par conséquent, la présidence belge du Conseil de l’UE a décidé de le reporter pour éviter un échec.
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Les avantages de la restauration de la nature
Plusieurs représentants du Conseil ont mis en avant l’importance de la protection de la nature comme un élément essentiel dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à celui-ci. « Nous ne pouvons pas agir sur le climat sans agir sur la nature », a martelé le ministre irlandais de l’Environnement, Eamonn Ryan.
D’autres ministres ont souligné les avantages immédiats que cette législation apportera aux citoyens. Le ministre tchèque de l’Environnement, Petr Hladík, a exprimé son incompréhension quant au manque de soutien à la législation, expliquant que les effets positifs de la restauration de la nature seraient visibles sans tarder.
« Nous pourrons constater les bénéfices immédiatement. Même notre génération verra son efficacité », a-t-il affirmé.
Certains pays ont également souligné les effets sur le plus long terme, et le représentant français a déclaré que si l’adoption de cette loi échoue, cela « compromettrait notre responsabilité collective envers les générations futures ».
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La Hongrie fermement opposée
La Hongrie, dont l’opposition inattendue à la loi a déclenché la réunion d’hier, est restée inflexible. La ministre hongroise des Affaires environnementales, Anikó Raisz, a affirmé que la proposition « ne garantit pas la flexibilité nécessaire pour une application par les États membres ».
Mme Raisz a mis en avant les initiatives de son pays pour préserver la biodiversité, voulant ainsi prouver que la protection de la nature pouvait être assurée au niveau national, sans nécessiter l’adoption d’une loi européenne.
L’Italie et la Finlande se sont également prononcées contre le texte de compromis.
Et les agriculteurs ?
Le ministre irlandais de l’Environnement a affirmé que cette loi était l’occasion de canaliser de nouveaux revenus vers les agriculteurs. « Si nous abandonnons cette loi, alors nous abandonnons les agriculteurs, ce qui serait profondément regrettable », a-t-il ajouté.
Mais Mme Raisz a cité « la vulnérabilité du secteur agricole » comme l’une des raisons principales de l’opposition de la Hongrie à la loi. La vice-ministre italienne de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Vannia Gava, a abondé dans ce sens, soulignant que « nous ne pouvons imposer de nouveaux fardeaux au secteur agricole ».
Prochaines étapes de la loi
La présidence belge s’est toujours engagée à trouver un soutien suffisant pour la loi. Si la proposition n’est pas adoptée avant les élections européennes, sa relance pourrait être très compliquée.
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[Édité par Anna Martino]