Les ministres de l’UE donnent le ton à l’aide au développement

Les ministres européens en charge de l’aide au développement se réuniront demain (28 mai) afin d’approuver un budget plus conséquent que prévu pour le Fonds européen de développement et de donner le ton à l’action en vue de réduire la pauvreté dans le monde, ont déclaré des diplomates à EURACTIV.

EURACTIV.com
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Les ministres européens en charge de l’aide au développement se réuniront demain (28 mai) afin d’approuver un budget plus conséquent que prévu pour le Fonds européen de développement et de donner le ton à l’action en vue de réduire la pauvreté dans le monde, ont déclaré des diplomates à EURACTIV.

 

L’ordre du jour de la réunion des ministres est qualifié d’« assez important » pour le long terme, même si les dossiers ne sont pas urgents.

 

L’approbation par les ministres du 11e Fonds européen de développement (FED) (voir « Contexte ») constitue la décision la plus importante. Le FED est financé par les États membres, géré par la Commission et destiné à la coopération au développement, principalement avec les pays d’Afrique subsaharienne, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

 

Les ministres accepteront de rassembler 31,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020, ont déclaré des diplomates à la presse. Cette somme semble plus élevée que celle proposée par la Commission, qui a alloué 29,998 milliards d’euros, et substantiellement supérieure au budget précédent de 22,682 millions d'euros pour 2007-2013.

 

Un diplomate a déclaré que les efforts des États membres de l’UE en cette période de crise devraient être salués, car ces derniers ont maintenu comme priorité la coopération au développement avec les pays les moins avancés.

 

La mise en œuvre des objectifs de l’aide publique au développement (APD) figure également à l'ordre du jour. Lors d’une réunion en juin 2005, les dirigeants européens se sont engagés à allouer 0,7 % du revenu national brut (RNB) à l'aide à l'étranger (voir les conclusions du Conseil européen, paragraphe 27).

 

Les dirigeants des États membres ont demandé au Conseil Affaires étrangères de rédiger des rapports annuels sur les progrès des pays dans le respect des objectifs. Le troisième rapport annuel devrait indiquer que l’APD de l’UE a légèrement diminué pour passer de 56 milliards d’euros à 55 milliards d’euros. L’UE reste cependant le plus grand donateur d’APD dans le monde et fournit 0,43 % de son RNB.

 

La mise en œuvre du Programme pour le changement de l'UE sera également à l'ordre du jour des discussions politiques. Ce programme adopte une approche plus ciblée sur la réduction de la pauvreté. Les ministres devraient discuter de la mise en œuvre prévue par les institutions de l'UE au cours des sept prochaines années, et en particulier de l'avancement de la programmation conjointe.

 

Une liste de pays partenaires auxquels les États membres et l'Union accorderont de l'argent et dans lesquels ils mettront en place une programmation conjointe a été dressée.

 

L’UE s’est récemment concentrée sur les pays dans le plus grand besoin et sur les États les plus fragiles. Les ministres devraient discuter de l'incidence du Programme pour le changement dans deux domaines principaux : d’un côté, les droits de l'Homme, la gouvernance et la démocratie, et de l’autre, la croissance durable et inclusive pour le développement humain.

 

 

Les ministres mettront également sur la table les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et le programme de développement pour l'après 2015. Selon un diplomate, les discussions se fonderont sur une communication de la Commission et se concentreront sur la manière dont le monde devrait aborder la pauvreté et le développement durable, mais également promouvoir les droits de l'Homme et la sécurité.

 

Il est trop tôt pour connaître les nouveaux objectifs et les nouvelles cibles, mais les conclusions du Conseil devraient présenter une première définition de la portée du cadre réglementaire, selon un diplomate. Il a ajouté que beaucoup comprenaient que les mesures en faveur de l'éradication de la pauvreté n'étaient plus suffisantes. Elles doivent être durables d’un point de vue économique et social. « Il est difficile de ne plus être pauvre si la violence vous entoure », a-t-il indiqué.

 

Les ministres participeront également à un dîner de travail avec le vice-secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, qui les mettra au courant de l'avancement des discussions sur les OMD pour l'après 2015.